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Expert-comptable pour ophtalmologue : chirurgie réfractive, TVA et matériel

18 février 2026 7 min de lecture
Expert-comptable pour ophtalmologue : chirurgie réfractive, TVA et matériel

En résumé

Ophtalmologue : la chirurgie réfractive de confort est soumise à la TVA, alors que les soins ne le sont pas, ce qui impose de bien séparer les deux et permet de récupérer la TVA sur le matériel affecté aux actes taxables (laser, OCT). Le choix du secteur 1 ou 2 et l'exercice en SELARL structurent l'activité. Le guide fiscal complet de l'ophtalmologue par Cabinet Gras, expert-comptable à Bordeaux.

Note de l’expert-comptable : la qualification TVA des actes et les durées d’amortissement évoluent. À sécuriser avec le cabinet.

L’ophtalmologue combine deux particularités fiscales fortes : un matériel coûteux (laser, OCT, autoréfractomètre, champ visuel) qui appelle des amortissements importants, et une activité de chirurgie réfractive de confort qui peut être soumise à la TVA. Ce guide détaille la fiscalité de l’ophtalmologue, avec un outil pour estimer votre bénéfice.

Ce que nous suivons pour un ophtalmologue

Chirurgie réfractive et TVA

Comme en dermatologie esthétique, la règle dépend de la finalité de l’acte. Les soins à visée thérapeutique sont exonérés de TVA (art. 261, 4-1° du CGI). En revanche, les actes de chirurgie réfractive de pur confort (corriger une myopie pour se passer de lunettes, sans nécessité thérapeutique) peuvent être soumis à la TVA au taux normal.

Acte thérapeutique ou réfractif de confort

Soin thérapeutique Chirurgie réfractive de confort
TVA Exonéré (art. 261, 4-1°) Soumis à 20 %
Récupération TVA sur matériel Non Oui (part affectée)
Recettes Conventionnées / remboursées Honoraires libres
Suivi Standard Recettes à ventiler

L’ophtalmologue qui développe cette activité doit donc ventiler ses recettes, surveiller le seuil de franchise et, le cas échéant, collecter la TVA tout en la récupérant sur les achats correspondants.

Médecin libéral : bénéfice fiscal et social

Estimez votre bénéfice et la base de vos cotisations à partir de vos recettes et de vos charges.

Recettes annuelles150 000 €
Charges professionnelles30 %
soit 45 000 €

Bénéfice fiscal

105 000 €

imposable au réel (BNC)

Cotisations sociales

Selon votre secteur

secteur 1 ou 2, caisse et plafonds : à chiffrer

Le bénéfice fiscal (base de l'impôt) et l'assiette sociale (base des cotisations URSSAF/CARMF) diffèrent : l'assiette sociale réintègre notamment certaines cotisations facultatives. Au micro-BNC (recettes sous le plafond), le bénéfice fiscal est forfaitaire (abattement de 34 %, sans déduction des charges réelles) ; au-delà du plafond, seul le réel s'applique. Estimation indicative.

Faire chiffrer précisément ma situation →

Matériel et amortissements

Le plateau technique de l’ophtalmologue (laser femtoseconde, OCT, biomètre) représente un investissement lourd qui s’amortit sur sa durée d’usage. Le choix du financement (achat, crédit-bail) et le plan d’amortissement optimisent la charge fiscale et la trésorerie. Affecté à une activité taxable, le matériel ouvre aussi droit à récupération de TVA lors de l’achat. Voyez Les amortissements comptables.

Secteur 1 ou 2, BNC et société

Pour l’activité conventionnée, l’ophtalmologue reste en BNC (art. 92 du CGI) sur la 2035, en secteur 1 (avec ses déductions spécifiques) ou en secteur 2. Le développement d’une activité de chirurgie réfractive et l’importance du matériel renforcent souvent l’intérêt d’une SELARL pour porter les investissements, lisser la rémunération et arbitrer salaire / dividendes (voyez Rémunération du dirigeant).

Retraite et prévoyance

L’ophtalmologue cotise à la CARMF. Les contrats Madelin / PER déductibles optimisent la préparation de la retraite, d’autant plus utiles que les revenus sont élevés. La prévoyance complète la protection en cas d’arrêt.

Vos cotisations sociales : maladie, retraite et ASV

C’est un poste lourd et souvent mal anticipé. Vos cotisations se répartissent entre deux organismes :

  • l’URSSAF : cotisation maladie-maternité, allocations familiales, CSG / CRDS et contribution à la formation, assises sur votre revenu professionnel ;
  • la CARMF : votre retraite en plusieurs étages, le régime de base, le régime complémentaire vieillesse (RCV) et le régime des prestations complémentaires de vieillesse (PCV / ASV, art. L645-1 et suivants du Code de la sécurité sociale), auxquels s’ajoute la prévoyance invalidité-décès obligatoire.

L’atout du secteur 1 : dans le cadre de la convention, l’Assurance Maladie prend en charge une part importante de vos cotisations (une large fraction de l’ASV et une participation aux cotisations maladie et famille). C’est un avantage social déterminant, à chiffrer dans tout arbitrage secteur 1 / secteur 2 ou passage en société.

Le piège de trésorerie : vos cotisations sont d’abord appelées sur une base provisionnelle, puis régularisées l’année suivante sur votre revenu réel. Une bonne année se paie donc l’année d’après. Nous provisionnons ce décalage avec vous pour qu’aucun appel de régularisation ne vous surprenne.

Se couvrir avec un contrat Madelin, et penser au PER

Votre couverture obligatoire (CARMF) est souvent insuffisante en cas d’arrêt de travail. Deux réflexes s’imposent :

  • il est important de vous couvrir avec un contrat Madelin de prévoyance (incapacité, invalidité, décès) : c’est une protection essentielle, et ses cotisations sont déductibles de votre bénéfice (art. 154 bis du CGI) ;
  • il peut être intéressant de prendre un plan d’épargne retraite (PER) : ses versements sont déductibles de votre revenu imposable (art. 163 quatervicies du CGI). C’est souvent un bon moyen de réduire votre impôt sur le revenu tout en préparant votre retraite, d’autant plus que votre tranche marginale est élevée.

Nous dimensionnons ensemble l’effort optimal, sans immobiliser inutilement votre trésorerie.

Contrats Madelin : restez vigilant sur ce qu’on vous vend. Les cotisations Madelin se déduisent du bénéfice, et donc de l’impôt sur le revenu, mais elles sont réintégrées dans l’assiette des cotisations sociales : les sommes versées restent soumises aux cotisations URSSAF. L’économie porte sur l’impôt, pas sur les charges sociales. Avant de souscrire un contrat qu’on vous propose, faites-en chiffrer l’avantage net réel : l’argument purement fiscal est trompeur.

Les déductions sans décaissement : amortissements, IK, blanchisserie

Tout ne se résume pas aux factures payées. Certaines charges réduisent votre bénéfice imposable sans sortie de trésorerie correspondante, ou presque :

  • les amortissements de votre matériel professionnel : une charge déductible chaque année, alors que le matériel est déjà payé ou financé ;
  • les indemnités kilométriques (IK) : vos déplacements professionnels se déduisent au barème kilométrique, sans justifier chaque plein, dès lors que vous tenez un relevé de vos trajets ;
  • les frais de blanchisserie : l’entretien de vos blouses et du linge du cabinet est déductible, sur une évaluation raisonnable et documentée.

En secteur 1, la déduction forfaitaire de 2 % est réputée couvrir certains frais (dont le blanchissage) : on ne cumule pas ce forfait avec ces mêmes frais au réel. C’est exactement le type d’arbitrage que nous calons avec vous.

Parlons de votre cabinet d’ophtalmologie

Chaque ophtalmologue a sa propre équation : la ventilation de la chirurgie réfractive et sa TVA, l’amortissement de votre laser, le passage en SELARL, et votre prévoyance Madelin et votre PER. Ces décisions se chiffrent au cas par cas, elles ne se devinent pas.

Notre rôle consiste à examiner vos chiffres, à sécuriser votre TVA et vos amortissements, et à construire avec vous la stratégie qui protège votre revenu et votre avenir. Le plus simple, pour commencer, reste d’en discuter de vive voix.

Ophtalmologue : la chirurgie réfractive et sa TVA

Actes de confort taxés, soins exonérés, TVA récupérable sur le laser et l'OCT : votre facturation se paramètre avec soin. Parlons-en : le premier rendez-vous est gratuit et sans engagement.

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Questions fréquentes


La chirurgie réfractive est-elle soumise à la TVA ?

Les actes à visée thérapeutique sont exonérés de TVA (art. 261, 4-1° du CGI), mais la chirurgie réfractive de pur confort, sans nécessité thérapeutique, peut être soumise à la TVA. La ventilation des recettes est indispensable.


Comment amortir un laser d'ophtalmologie ?

Le matériel s’amortit sur sa durée d’usage et, affecté à une activité taxable, ouvre droit à récupération de TVA. Le financement et le plan d’amortissement s’optimisent au cas par cas.


Secteur 1 ou secteur 2 pour un ophtalmologue ?

Le secteur 1 ouvre droit aux avantages sociaux et aux déductions spécifiques ; le secteur 2 autorise des dépassements. L’arbitrage se raisonne globalement, en lien avec l’activité de chirurgie réfractive.


Une SELARL est-elle utile pour un ophtalmologue ?

Avec un matériel lourd et une activité de chirurgie réfractive, la SELARL aide à porter les investissements, lisser la rémunération et arbitrer salaire/dividendes. Le gain se chiffre au cas par cas.



Références

  • Article 154 bis du Code général des impôts (CGI)
  • Article 163 quatervicies du Code général des impôts (CGI)
  • Article 261, 4-1° du Code général des impôts (CGI)
  • Article 92 du Code général des impôts (CGI)
  • Article L645-1 et suivants du Code de la sécurité sociale

Références légales citées dans cet article. Les textes évoluent en loi de finances : à vérifier à la date de votre projet.