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Expert-comptable pour psychiatre : secteur 2, actes longs et faibles charges

20 février 2026 8 min de lecture
Expert-comptable pour psychiatre : secteur 2, actes longs et faibles charges

En résumé

Psychiatre : souvent en secteur 2 avec dépassements d'honoraires, vous avez de faibles charges de matériel, donc un bénéfice élevé à optimiser (rémunération, statut, épargne retraite). La psychothérapie est exonérée de TVA, et la téléconsultation prend une place croissante. L'exercice individuel ou en SELARL se choisit selon le niveau de revenu. Le guide fiscal complet du psychiatre par Cabinet Gras, expert-comptable à Bordeaux.

Note de l’expert-comptable : règles conventionnelles et seuils évoluent. À confirmer avec le cabinet.

Le psychiatre libéral a un profil fiscal très différent du radiologue ou du cardiologue : peu de matériel, des charges faibles, des actes longs et un exercice souvent en secteur 2. Son enjeu n’est pas l’amortissement d’un plateau technique, mais l’optimisation d’un bénéfice élevé au regard de charges réduites. Ce guide détaille la fiscalité du psychiatre, avec un outil pour visualiser votre bénéfice.

Ce que nous suivons pour un psychiatre

BNC, 2035 et faibles charges

Le psychiatre relève des BNC (art. 92 du CGI) et tient une comptabilité de trésorerie déposée sur la déclaration 2035. Sans matériel lourd, il dégage souvent un taux de bénéfice élevé : ses recettes se transforment largement en revenu imposable, car ses charges (loyer du cabinet, secrétariat, formation, déplacements, documentation, assurance) restent modestes.

L’enjeu se déplace donc vers deux leviers : la déduction rigoureuse de toutes les charges réelles, même modestes, et l’optimisation de la retraite et de la prévoyance, particulièrement rentable lorsque la tranche d’imposition est élevée. Chaque charge correctement justifiée compte, et chaque euro versé sur un contrat déductible réduit l’impôt.

Médecin libéral : bénéfice fiscal et social

Estimez votre bénéfice et la base de vos cotisations à partir de vos recettes et de vos charges.

Recettes annuelles150 000 €
Charges professionnelles30 %
soit 45 000 €

Bénéfice fiscal

105 000 €

imposable au réel (BNC)

Cotisations sociales

Selon votre secteur

secteur 1 ou 2, caisse et plafonds : à chiffrer

Le bénéfice fiscal (base de l'impôt) et l'assiette sociale (base des cotisations URSSAF/CARMF) diffèrent : l'assiette sociale réintègre notamment certaines cotisations facultatives. Au micro-BNC (recettes sous le plafond), le bénéfice fiscal est forfaitaire (abattement de 34 %, sans déduction des charges réelles) ; au-delà du plafond, seul le réel s'applique. Estimation indicative.

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Secteur 2 et dépassements

Beaucoup de psychiatres exercent en secteur 2, avec des honoraires libres (dépassements). Ce choix augmente les recettes mais prive des avantages sociaux du secteur 1 (prise en charge d’une partie des cotisations), ce qui modifie l’équilibre entre revenu et charges sociales. En secteur 1, les déductions spécifiques des conventionnés s’appliquent. L’arbitrage et son optimisation se raisonnent globalement, en lien avec votre niveau d’activité et votre patientèle.

Psychothérapie, TVA et téléconsultation

Les soins psychothérapeutiques dispensés par un médecin relèvent de l’activité de soin et sont exonérés de TVA (art. 261, 4-1° du CGI) : pas de complexité de ce côté, contrairement à la dermatologie esthétique. La montée de la téléconsultation change en revanche l’organisation et la facturation ; ses recettes restent des honoraires imposables à déclarer normalement sur la 2035. Attention toutefois : une activité de conseil ou de formation non thérapeutique, si elle se développe en marge des soins, peut relever d’un régime différent qu’il faut analyser.

Exercice individuel ou SELARL

Avec un bénéfice élevé, la question de la SELARL se pose plus tôt que pour d’autres spécialités.

Exercice individuel ou SELARL ?

Critère Exercice individuel (BNC) SELARL (IS)
Imposition Sur la totalité du bénéfice (IR) Rémunération + dividendes
Trésorerie Tout est appréhendé Possibilité d’en conserver dans la société
Charges sociales Sur le bénéfice Sur la rémunération
Gestion Simple Plus lourde
Intérêt Revenus modérés Bénéfice élevé, besoin de lisser

Le passage en SELARL permet de lisser la rémunération et d’arbitrer salaire / dividendes (voyez Rémunération du dirigeant). Le gain se chiffre au cas par cas.

Retraite et prévoyance

Le psychiatre cotise à la CARMF. Compte tenu d’un bénéfice souvent élevé, l’optimisation de la retraite via les contrats Madelin / PER déductibles est un levier particulièrement pertinent : il réduit l’impôt aujourd’hui tout en préparant demain. La prévoyance (incapacité, invalidité) mérite aussi d’être bien dimensionnée, l’activité reposant entièrement sur la présence du praticien.

Vos cotisations sociales : maladie, retraite et ASV

C’est un poste lourd et souvent mal anticipé. Vos cotisations se répartissent entre deux organismes :

  • l’URSSAF : cotisation maladie-maternité, allocations familiales, CSG / CRDS et contribution à la formation, assises sur votre revenu professionnel ;
  • la CARMF : votre retraite en plusieurs étages, le régime de base, le régime complémentaire vieillesse (RCV) et le régime des prestations complémentaires de vieillesse (PCV / ASV, art. L645-1 et suivants du Code de la sécurité sociale), auxquels s’ajoute la prévoyance invalidité-décès obligatoire.

L’atout du secteur 1 : dans le cadre de la convention, l’Assurance Maladie prend en charge une part importante de vos cotisations (une large fraction de l’ASV et une participation aux cotisations maladie et famille). C’est un avantage social déterminant, à chiffrer dans tout arbitrage secteur 1 / secteur 2 ou passage en société.

Le piège de trésorerie : vos cotisations sont d’abord appelées sur une base provisionnelle, puis régularisées l’année suivante sur votre revenu réel. Une bonne année se paie donc l’année d’après. Nous provisionnons ce décalage avec vous pour qu’aucun appel de régularisation ne vous surprenne.

Se couvrir avec un contrat Madelin, et penser au PER

Votre couverture obligatoire (CARMF) est souvent insuffisante en cas d’arrêt de travail. Deux réflexes s’imposent :

  • il est important de vous couvrir avec un contrat Madelin de prévoyance (incapacité, invalidité, décès) : c’est une protection essentielle, et ses cotisations sont déductibles de votre bénéfice (art. 154 bis du CGI) ;
  • il peut être intéressant de prendre un plan d’épargne retraite (PER) : ses versements sont déductibles de votre revenu imposable (art. 163 quatervicies du CGI). C’est souvent un bon moyen de réduire votre impôt sur le revenu tout en préparant votre retraite, d’autant plus que votre tranche marginale est élevée.

Nous dimensionnons ensemble l’effort optimal, sans immobiliser inutilement votre trésorerie.

Contrats Madelin : restez vigilant sur ce qu’on vous vend. Les cotisations Madelin se déduisent du bénéfice, et donc de l’impôt sur le revenu, mais elles sont réintégrées dans l’assiette des cotisations sociales : les sommes versées restent soumises aux cotisations URSSAF. L’économie porte sur l’impôt, pas sur les charges sociales. Avant de souscrire un contrat qu’on vous propose, faites-en chiffrer l’avantage net réel : l’argument purement fiscal est trompeur.

Les déductions sans décaissement : amortissements, IK, blanchisserie

Tout ne se résume pas aux factures payées. Certaines charges réduisent votre bénéfice imposable sans sortie de trésorerie correspondante, ou presque :

  • les amortissements de votre matériel professionnel : une charge déductible chaque année, alors que le matériel est déjà payé ou financé ;
  • les indemnités kilométriques (IK) : vos déplacements professionnels se déduisent au barème kilométrique, sans justifier chaque plein, dès lors que vous tenez un relevé de vos trajets ;
  • les frais de blanchisserie : l’entretien de vos blouses et du linge du cabinet est déductible, sur une évaluation raisonnable et documentée.

En secteur 1, la déduction forfaitaire de 2 % est réputée couvrir certains frais (dont le blanchissage) : on ne cumule pas ce forfait avec ces mêmes frais au réel. C’est exactement le type d’arbitrage que nous calons avec vous.

Parlons de votre cabinet de psychiatrie

Chaque psychiatre a sa propre équation : l’optimisation d’un bénéfice élevé, le secteur 2, le passage en SELARL, et surtout la saturation de votre prévoyance Madelin et de votre PER. Ces décisions se chiffrent au cas par cas, elles ne se devinent pas.

Notre rôle consiste à examiner vos chiffres, à sécuriser vos charges et votre retraite, et à construire avec vous la stratégie qui protège votre revenu et votre avenir. Le plus simple, pour commencer, reste d’en discuter de vive voix.

Psychiatre : optimiser un exercice à faibles charges

Secteur 2, psychothérapie exonérée de TVA, téléconsultation : votre bénéfice élevé appelle rémunération et retraite étudiées. Contactez-nous : le premier rendez-vous est gratuit et sans engagement.

Prendre rendez-vous

Questions fréquentes


La psychothérapie est-elle soumise à la TVA ?

Non. Les soins psychothérapeutiques dispensés par un médecin relèvent de l’activité de soin et sont exonérés de TVA (art. 261, 4-1° du CGI).


Comment optimiser sa fiscalité quand on a peu de charges ?

Avec un bénéfice élevé au regard de charges faibles, l’optimisation passe par la déduction rigoureuse des charges réelles, l’optimisation de la retraite et de la prévoyance (Madelin/PER), et l’étude d’un passage en SELARL.


Secteur 2 : quel impact pour un psychiatre ?

Le secteur 2 autorise des honoraires libres (dépassements) mais prive des avantages sociaux du secteur 1. L’équilibre entre recettes et charges sociales doit être analysé globalement.


Un psychiatre a-t-il intérêt à passer en SELARL ?

Avec un bénéfice élevé, la SELARL permet de lisser la rémunération, d’arbitrer salaire/dividendes et de conserver de la trésorerie dans la société. Le gain se chiffre au cas par cas.



Références

  • Article 154 bis du Code général des impôts (CGI)
  • Article 163 quatervicies du Code général des impôts (CGI)
  • Article 261, 4-1° du Code général des impôts (CGI)
  • Article 92 du Code général des impôts (CGI)
  • Article L645-1 et suivants du Code de la sécurité sociale

Références légales citées dans cet article. Les textes évoluent en loi de finances : à vérifier à la date de votre projet.