
En résumé
Oncologue : votre situation mêle souvent salariat hospitalier et exercice libéral, ce qui impose une double déclaration (traitements et salaires d'un côté, BNC de l'autre) et une attention à la tranche marginale d'imposition. Vacations, participation aux RCP et gardes complètent les revenus. L'arbitrage entre les deux statuts et l'optimisation fiscale sont clés. Le guide fiscal complet de l'oncologue par Cabinet Gras, expert-comptable à Bordeaux.
Dans cet article
L’oncologue a souvent un profil d’exercice mixte : une part salariée (centre hospitalier, centre de lutte contre le cancer) et une part libérale (consultations, vacations en clinique). Cette double casquette est la grande particularité fiscale de la spécialité : elle suppose de bien articuler deux régimes d’imposition qui se cumulent sur votre déclaration. Ce guide détaille comment s’organiser, avec un outil pour estimer le bénéfice de votre activité libérale.
Salariat et libéral : deux régimes à articuler
La part salariée relève des traitements et salaires (avec abattement de 10 % ou frais réels), tandis que la part libérale relève des bénéfices non commerciaux (art. 92 du CGI) et se déclare sur la 2035. Ces deux revenus se cumulent sur votre déclaration personnelle et peuvent faire grimper votre tranche marginale d’imposition.
Salariat ou libéral : ce qui change
| Activité salariée | Activité libérale | |
|---|---|---|
| Catégorie fiscale | Traitements et salaires | BNC (2035) |
| Cotisations | Précomptées sur la fiche de paie | CARMF, URSSAF (sur le bénéfice) |
| Charges déductibles | Abattement 10 % ou frais réels | Charges réelles professionnelles |
| Déclaration | Préremplie | À établir (comptabilité de trésorerie) |
L’enjeu est de piloter l’ensemble pour éviter les mauvaises surprises de trésorerie au moment de l’impôt et lisser la charge dans le temps.
Médecin libéral : bénéfice fiscal et social
Estimez votre bénéfice et la base de vos cotisations à partir de vos recettes et de vos charges.
Bénéfice fiscal
105 000 €
imposable au réel (BNC)
Cotisations sociales
Selon votre secteur
secteur 1 ou 2, caisse et plafonds : à chiffrer
Le bénéfice fiscal (base de l'impôt) et l'assiette sociale (base des cotisations URSSAF/CARMF) diffèrent : l'assiette sociale réintègre notamment certaines cotisations facultatives. Au micro-BNC (recettes sous le plafond), le bénéfice fiscal est forfaitaire (abattement de 34 %, sans déduction des charges réelles) ; au-delà du plafond, seul le réel s'applique. Estimation indicative.
Faire chiffrer précisément ma situation →Vacations, consultations et RCP
L’oncologue libéral facture des consultations et des vacations, participe aux réunions de concertation pluridisciplinaire (RCP) et peut percevoir des honoraires de différentes structures. Chaque flux doit être correctement rattaché à l’exercice et déclaré. Une comptabilité libérale rigoureuse, distincte de l’activité salariée, est indispensable pour ne pas mélanger les deux mondes.
Charges déductibles et TVA
Côté libéral, les charges réelles (déplacements, formation, cotisations, documentation, assurance, quote-part du cabinet) viennent en déduction du bénéfice. Bien tenues, elles réduisent l’imposition de cette part d’activité. La spécialité ne comporte pas d’actes esthétiques, donc pas de complexité de TVA : les soins sont exonérés (art. 261, 4-1° du CGI).
Retraite, prévoyance et structuration
Selon le poids de l’activité libérale, l’oncologue cotise à la CARMF sur cette part et peut optimiser sa retraite via des contrats Madelin / PER déductibles, en complément des droits acquis au titre du salariat. Lorsque l’activité libérale devient significative, la question d’une structuration (voire d’une SELARL) peut se poser, en cohérence avec le statut salarié et après un calcul précis.
Vos cotisations sociales : maladie, retraite et ASV
C’est un poste lourd et souvent mal anticipé. Vos cotisations se répartissent entre deux organismes :
- l’URSSAF : cotisation maladie-maternité, allocations familiales, CSG / CRDS et contribution à la formation, assises sur votre revenu professionnel ;
- la CARMF : votre retraite en plusieurs étages, le régime de base, le régime complémentaire vieillesse (RCV) et le régime des prestations complémentaires de vieillesse (PCV / ASV, art. L645-1 et suivants du Code de la sécurité sociale), auxquels s’ajoute la prévoyance invalidité-décès obligatoire.
L’atout du secteur 1 : dans le cadre de la convention, l’Assurance Maladie prend en charge une part importante de vos cotisations (une large fraction de l’ASV et une participation aux cotisations maladie et famille). C’est un avantage social déterminant, à chiffrer dans tout arbitrage secteur 1 / secteur 2 ou passage en société.
Se couvrir avec un contrat Madelin, et penser au PER
Votre couverture obligatoire (CARMF) est souvent insuffisante en cas d’arrêt de travail. Deux réflexes s’imposent :
- il est important de vous couvrir avec un contrat Madelin de prévoyance (incapacité, invalidité, décès) : c’est une protection essentielle, et ses cotisations sont déductibles de votre bénéfice (art. 154 bis du CGI) ;
- il peut être intéressant de prendre un plan d’épargne retraite (PER) : ses versements sont déductibles de votre revenu imposable (art. 163 quatervicies du CGI). C’est souvent un bon moyen de réduire votre impôt sur le revenu tout en préparant votre retraite, d’autant plus que votre tranche marginale est élevée.
Nous dimensionnons ensemble l’effort optimal, sans immobiliser inutilement votre trésorerie.
Les déductions sans décaissement : amortissements, IK, blanchisserie
Tout ne se résume pas aux factures payées. Certaines charges réduisent votre bénéfice imposable sans sortie de trésorerie correspondante, ou presque :
- les amortissements de votre matériel professionnel : une charge déductible chaque année, alors que le matériel est déjà payé ou financé ;
- les indemnités kilométriques (IK) : vos déplacements professionnels se déduisent au barème kilométrique, sans justifier chaque plein, dès lors que vous tenez un relevé de vos trajets ;
- les frais de blanchisserie : l’entretien de vos blouses et du linge du cabinet est déductible, sur une évaluation raisonnable et documentée.
Parlons de votre activité d’oncologie
Chaque oncologue a sa propre équation : l’articulation de votre activité mixte salariat et libéral, la projection de votre tranche d’imposition, et le dimensionnement de votre prévoyance Madelin et de votre PER. Ces décisions se chiffrent au cas par cas, elles ne se devinent pas.
Notre rôle consiste à examiner vos chiffres, à sécuriser votre activité mixte et vos cotisations, et à construire avec vous la stratégie qui protège votre revenu et votre avenir. Le plus simple, pour commencer, reste d’en discuter de vive voix.
Oncologue : salariat et libéral, deux déclarations
Cumul hospitalier et BNC, vacations et gardes, tranche marginale : votre double statut d'oncologue s'arbitre finement. Faisons le point : le premier échange est gratuit et sans engagement.
Prendre rendez-vousQuestions fréquentes
Comment déclarer une activité mixte salariat et libéral ?
La part salariée relève des traitements et salaires, la part libérale des BNC sur la 2035. Les deux se cumulent sur votre déclaration personnelle et influencent votre tranche d’imposition. Un suivi distinct des deux activités est essentiel.
Les honoraires d'un oncologue sont-ils soumis à la TVA ?
Non. Les soins à finalité thérapeutique sont exonérés de TVA (art. 261, 4-1° du CGI). L’oncologie ne comporte pas d’actes esthétiques taxables.
Comment éviter une mauvaise surprise d'impôt en activité mixte ?
En projetant le cumul des deux revenus et l’impact sur la tranche marginale, et en provisionnant en conséquence. Notre outil donne déjà un ordre de grandeur du bénéfice libéral à intégrer.
Faut-il créer une société quand on est oncologue libéral ?
Cela dépend du poids de l’activité libérale par rapport au salariat. Au-delà d’un certain niveau, une structuration peut être pertinente ; elle se chiffre au cas par cas.
Références
- Article 154 bis du Code général des impôts (CGI)
- Article 163 quatervicies du Code général des impôts (CGI)
- Article 261, 4-1° du Code général des impôts (CGI)
- Article 92 du Code général des impôts (CGI)
- Article L645-1 et suivants du Code de la sécurité sociale
Références légales citées dans cet article. Les textes évoluent en loi de finances : à vérifier à la date de votre projet.


