← Tous les articles Professions de santé

Expert-comptable pour masseur-kinésithérapeute : BNC, cotation et déplacements

28 juin 2026 5 min de lecture
Expert-comptable pour masseur-kinésithérapeute : BNC, cotation et déplacements

En résumé

Masseur-kinésithérapeute : imposé dans les BNC (déclaration 2035), vous rendez des soins exonérés de TVA, cotés en AMK/AMS. L'exercice au cabinet et à domicile, la mutualisation des moyens en SCM et les remplacements (rétrocessions) sont les points de gestion courants d'un bénéfice à optimiser. Le guide fiscal du masseur-kinésithérapeute par Cabinet Gras, expert-comptable à Bordeaux.

Note de l’expert-comptable : cotations, dispositifs conventionnels et seuils évoluent. À confirmer avec le cabinet.

Le masseur-kinésithérapeute libéral exerce une profession paramédicale réglementée : ses soins sont exonérés de TVA, son revenu relève des bénéfices non commerciaux, et son activité se partage souvent entre cabinet et domicile, avec des frais de déplacement à suivre de près. Ce guide détaille sa fiscalité, avec un outil pour estimer votre bénéfice.

Ce que nous suivons pour un masseur-kinésithérapeute

BNC, 2035 et exonération de TVA

Le kinésithérapeute relève des bénéfices non commerciaux (art. 92 du CGI) et tient une comptabilité de trésorerie déposée sur la déclaration 2035. En tant que profession paramédicale réglementée, ses soins sont exonérés de TVA (art. 261, 4-1° du CGI) : pas de complexité de ce côté. L’optimisation repose sur une 2035 rigoureuse et la déduction de toutes les charges réelles.

Cabinet, domicile et frais de déplacement

L’activité se répartit fréquemment entre le cabinet et les soins à domicile. Les déplacements (indemnités, frais de véhicule) représentent alors un poste de charges important, à suivre précisément (barème kilométrique ou frais réels).

Cabinet ou domicile

Cabinet Domicile
Recettes Séances au cabinet Soins à domicile
Charge spécifique Loyer, matériel, secrétariat Frais de déplacement
Cotation AMK / AMS AMK + indemnités de déplacement
Vigilance Charges fixes Suivi kilométrique

La cotation des actes (AMK, AMS, bilans) et leur rattachement à l’exercice conditionnent le résultat : un suivi rigoureux évite les oublis comme les erreurs.

Profession libérale (BNC) : bénéfice fiscal et social

Estimez votre bénéfice et la base de vos cotisations à partir de vos recettes et de vos charges.

Recettes annuelles120 000 €
Charges professionnelles30 %
soit 36 000 €

Bénéfice fiscal

84 000 €

imposable au réel (BNC)

Cotisations sociales

Selon votre caisse

CNBF, CIPAV, CARPIMKO… et votre revenu : à chiffrer

Le bénéfice fiscal (base de l'impôt) et l'assiette sociale (base des cotisations URSSAF et de votre caisse de retraite) diffèrent : l'assiette sociale réintègre notamment certaines cotisations facultatives. Au micro-BNC (recettes sous le plafond), le bénéfice fiscal est forfaitaire (abattement de 34 %, sans déduction des charges réelles) ; au-delà du plafond, seul le réel s'applique. Le taux de cotisations varie selon votre caisse (CNBF, CIPAV, CARPIMKO…) et votre revenu. Estimation indicative.

Voir tous nos outils →

SCM, remplacements et collaboration

Le kinésithérapeute partage souvent son cabinet et son matériel en société civile de moyens (SCM) avec des confrères, ce qui mutualise les charges. Beaucoup débutent par des remplacements (rétrocession d’honoraires) ou exercent en collaboration libérale : le traitement des honoraires rétrocédés et la rédaction des contrats doivent être cadrés dès le départ.

SELARL, retraite et prévoyance

Au-delà d’un certain niveau de revenu, la SELARL peut s’envisager (lissage de la rémunération, arbitrage salaire / dividendes, voyez Rémunération du dirigeant), mais elle alourdit la gestion. Le kinésithérapeute cotise à la CARPIMKO ; les contrats Madelin / PER déductibles optimisent la retraite, et la prévoyance protège une activité physiquement exigeante.

Contrats Madelin : restez vigilant sur ce qu’on vous vend. Les cotisations Madelin se déduisent du bénéfice, et donc de l’impôt sur le revenu, mais elles sont réintégrées dans l’assiette des cotisations sociales : les sommes versées restent soumises aux cotisations URSSAF. L’économie porte sur l’impôt, pas sur les charges sociales. Avant de souscrire un contrat qu’on vous propose, faites-en chiffrer l’avantage net réel : l’argument purement fiscal est trompeur.

Pilotage et trésorerie

Entre les charges fixes du cabinet, les déplacements et les délais de télétransmission, un suivi mensuel de votre activité, plutôt qu’un bilan annuel, vous donne la visibilité nécessaire pour piloter et provisionner vos échéances fiscales et sociales.

Plateaux techniques et matériel

Certains kinésithérapeutes développent une activité de plateau technique (rééducation par l’exercice, appareils, balnéothérapie). Ces équipements représentent un investissement à amortir sur leur durée d’usage, et peuvent justifier un local plus grand et du personnel. Le bon dimensionnement de ces investissements au regard de la patientèle, et leur financement (achat ou crédit-bail), sont des décisions à chiffrer. Un suivi mensuel de votre activité vous permet d’ajuster vos charges fixes et d’anticiper vos provisions fiscales et sociales, plutôt que de les découvrir au bilan.

Parlons de votre cabinet de kinésithérapie

Chaque kinésithérapeute a sa propre situation : votre cotation, vos frais de déplacement, le partage en SCM, votre couverture Madelin et votre PER, et l’arbitrage SELARL. Ces décisions se chiffrent au cas par cas, elles ne se devinent pas.

Notre rôle consiste à examiner vos chiffres, à sécuriser vos charges et vos déplacements, et à construire avec vous la stratégie qui protège votre activité et votre revenu. Le plus simple, pour commencer, reste d’en discuter de vive voix.

Kiné : cabinet, domicile et rétrocessions

Cotations AMK et AMS, SCM, remplacements et rétrocessions : votre 2035 de kinésithérapeute se tient sans effort de votre part. Contactez-nous : le premier échange est gratuit et sans engagement.

Prendre rendez-vous

Questions fréquentes


Un kinésithérapeute est-il en BNC ?

Oui, le masseur-kinésithérapeute libéral relève des bénéfices non commerciaux (art. 92 du CGI) et dépose une déclaration 2035.


Les soins d'un kinésithérapeute sont-ils soumis à la TVA ?

Non. En tant que profession paramédicale réglementée, ses soins sont exonérés de TVA (art. 261, 4-1° du CGI).


Comment déduire les frais de déplacement à domicile ?

Les frais de véhicule se déduisent au barème kilométrique ou aux frais réels, sous réserve d’un suivi rigoureux des trajets professionnels.


À quelle caisse de retraite cotise un kinésithérapeute ?

Le kinésithérapeute cotise à la CARPIMKO. Les contrats Madelin/PER déductibles complètent la retraite obligatoire.



Références

  • Article 261, 4-1° du Code général des impôts (CGI)
  • Article 92 du Code général des impôts (CGI)

Références légales citées dans cet article. Les textes évoluent en loi de finances : à vérifier à la date de votre projet.