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Expert-comptable pour chirurgien-dentiste : matériel, prothèses et TVA

08 février 2026 5 min de lecture
Expert-comptable pour chirurgien-dentiste : matériel, prothèses et TVA

En résumé

Chirurgien-dentiste : votre plateau technique (fauteuil, radiographie panoramique, CFAO) représente un investissement lourd à amortir. Les prothèses dentaires sont exonérées de TVA, alors que le blanchiment à visée esthétique y est soumis, ce qui impose de distinguer les deux. Le choix du secteur 1 ou 2 et l'exercice en SELARL structurent l'activité. Le guide fiscal du chirurgien-dentiste par Cabinet Gras, expert-comptable à Bordeaux.

Note de l’expert-comptable : durées d’amortissement, taux et règles conventionnelles évoluent. À confirmer avec le cabinet.

Le chirurgien-dentiste cumule deux particularités fortes : un matériel coûteux (fauteuil, radiographie panoramique, CFAO) qui pèse sur l’investissement, et une activité de prothèses au régime de TVA particulier. Sa fiscalité relève des bénéfices non commerciaux (BNC), mais avec une logique d’équipement proche de celle d’un médecin technique. Ce guide détaille tout ce qu’un dentiste doit maîtriser, avec un outil pour estimer votre bénéfice.

Ce que nous suivons pour un chirurgien-dentiste

BNC, 2035 et comptabilité de trésorerie

Le chirurgien-dentiste relève des BNC (art. 92 du CGI) et tient une comptabilité de trésorerie déposée sur la déclaration 2035. Ses recettes mêlent soins conservateurs, actes techniques, prothèses et, pour certains, des actes esthétiques. La bonne ventilation de ces recettes est essentielle, notamment au regard de la TVA.

Le matériel et les amortissements

Le cabinet dentaire est l’un des plus capitalistiques des professions de santé : fauteuil, radiographie panoramique ou cone beam, systèmes d’empreinte optique et de CFAO (usinage de prothèses au fauteuil). Ces équipements représentent plusieurs dizaines de milliers d’euros et s’amortissent sur leur durée d’usage, réduisant le bénéfice imposable chaque année. Le choix du financement (achat, crédit-bail) et du plan d’amortissement est déterminant pour la trésorerie. Voyez Les amortissements comptables.

Profession libérale (BNC) : bénéfice fiscal et social

Estimez votre bénéfice et la base de vos cotisations à partir de vos recettes et de vos charges.

Recettes annuelles120 000 €
Charges professionnelles30 %
soit 36 000 €

Bénéfice fiscal

84 000 €

imposable au réel (BNC)

Cotisations sociales

Selon votre caisse

CNBF, CIPAV, CARPIMKO… et votre revenu : à chiffrer

Le bénéfice fiscal (base de l'impôt) et l'assiette sociale (base des cotisations URSSAF et de votre caisse de retraite) diffèrent : l'assiette sociale réintègre notamment certaines cotisations facultatives. Au micro-BNC (recettes sous le plafond), le bénéfice fiscal est forfaitaire (abattement de 34 %, sans déduction des charges réelles) ; au-delà du plafond, seul le réel s'applique. Le taux de cotisations varie selon votre caisse (CNBF, CIPAV, CARPIMKO…) et votre revenu. Estimation indicative.

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Prothèses dentaires et TVA

C’est une spécificité du dentiste. Les soins et la fourniture de prothèses dentaires par les chirurgiens-dentistes (et les prothésistes) sont exonérés de TVA (art. 261, 4-1° du CGI). En revanche, certains actes purement esthétiques sans visée thérapeutique, comme le blanchiment dentaire de confort, peuvent être soumis à la TVA.

Ce qui est exonéré ou taxable

Activité TVA
Soins conservateurs et chirurgicaux Exonéré (art. 261, 4-1°)
Fourniture de prothèses dentaires Exonéré
Orthodontie thérapeutique Exonéré
Blanchiment, actes purement esthétiques Soumis à 20 %

Le développement d’une activité esthétique impose donc de ventiler les recettes et, le cas échéant, de gérer la TVA sur la part taxable.

Secteur 1 ou 2, SCM et SELARL

Le dentiste exerce en secteur 1 ou secteur 2 (honoraires libres sur les actes hors panier de soins). Il partage souvent ses locaux et son matériel en société civile de moyens (SCM) avec des confrères. Au-delà d’un certain revenu, la SELARL (impôt sur les sociétés) permet de porter le matériel, de lisser la rémunération et d’arbitrer salaire / dividendes (voyez Rémunération du dirigeant). C’est un calcul à faire selon vos investissements et vos revenus.

Retraite, prévoyance et personnel

Le chirurgien-dentiste cotise à la CARCDSF (caisse des chirurgiens-dentistes et sages-femmes). Compte tenu de revenus souvent élevés, l’optimisation de la retraite via les contrats Madelin / PER déductibles est un levier pertinent. Le cabinet emploie par ailleurs fréquemment une assistante dentaire et une secrétaire : la paie, la convention collective et les obligations sociales doivent être maîtrisées.

Cotation, recettes et pilotage

La diversité des recettes (soins, prothèses, esthétique, orthodontie) impose une cotation rigoureuse et un suivi par nature. Un suivi mensuel de votre activité, plutôt qu’une reconstitution en fin d’exercice, vous permet d’ajuster vos investissements, de surveiller votre TVA esthétique éventuelle et d’anticiper vos provisions fiscales et sociales. C’est ce pilotage qui transforme la comptabilité en outil de décision.

Parlons de votre cabinet dentaire

Chaque chirurgien-dentiste a sa propre situation : l’amortissement de votre matériel, la TVA (prothèses exonérées, esthétique taxable), la SCM, la paie et l’arbitrage SELARL. Ces décisions se chiffrent au cas par cas, elles ne se devinent pas.

Notre rôle consiste à examiner vos chiffres, à sécuriser vos amortissements et votre TVA, et à construire avec vous la stratégie qui protège votre activité et votre revenu. Le plus simple, pour commencer, reste d’en discuter de vive voix.

Dentiste : fauteuil, CFAO et amortissements

Plateau technique lourd, prothèses exonérées de TVA, blanchiment taxé : votre cabinet dentaire a sa fiscalité propre. Contactez-nous : le premier échange est gratuit et sans engagement.

Prendre rendez-vous

Questions fréquentes


Un chirurgien-dentiste est-il en BNC ?

Oui, il relève des bénéfices non commerciaux (art. 92 du CGI) et dépose une déclaration 2035 au régime de la déclaration contrôlée.


Les prothèses dentaires sont-elles soumises à la TVA ?

Non. Les soins et la fourniture de prothèses dentaires par les chirurgiens-dentistes et les prothésistes sont exonérés de TVA (art. 261, 4-1° du CGI).


Le blanchiment dentaire est-il soumis à la TVA ?

Les actes purement esthétiques sans finalité thérapeutique, comme le blanchiment de confort, peuvent être soumis à la TVA au taux de 20 %. La ventilation des recettes est alors nécessaire.


Comment amortir un fauteuil ou un panoramique dentaire ?

Ce matériel s’amortit sur sa durée d’usage : la charge est étalée sur plusieurs exercices et réduit le bénéfice imposable. Le financement (achat, crédit-bail) s’optimise au cas par cas.


À quelle caisse de retraite cotise un dentiste ?

Le chirurgien-dentiste cotise à la CARCDSF. L’optimisation de la retraite via les contrats Madelin/PER déductibles complète la retraite obligatoire.



Références

  • Article 261, 4-1° du Code général des impôts (CGI)
  • Article 92 du Code général des impôts (CGI)

Références légales citées dans cet article. Les textes évoluent en loi de finances : à vérifier à la date de votre projet.