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Expert-comptable pour architecte : honoraires au pourcentage, décennale et CIPAV

20 juin 2026 6 min de lecture
Expert-comptable pour architecte : honoraires au pourcentage, décennale et CIPAV

En résumé

Architecte : imposé dans les BNC (déclaration 2035), vous facturez des honoraires souvent calculés en pourcentage du montant des travaux, avec TVA. Les enjeux propres : l'assurance et la garantie décennale, la valorisation des en-cours de chantier à la clôture (missions non terminées), la retraite CIPAV et l'exercice en société d'architecture. La trésorerie suit le rythme des chantiers. Le guide fiscal de l'architecte par Cabinet Gras, expert-comptable à Bordeaux.

Note de l’expert-comptable : seuils de TVA, taux de cotisations CIPAV et règles des sociétés évoluent. À confirmer chaque année avec le cabinet.

L’architecte libéral est à la fois créateur, maître d’œuvre et chef d’entreprise. Sa fiscalité présente des marqueurs qui lui sont propres : des honoraires calculés en pourcentage du montant des travaux et étalés sur la durée d’un chantier, une assurance décennale obligatoire, et une retraite à la CIPAV. Ce guide détaille ce qu’il convient d’en maîtriser, avec un outil pour estimer le bénéfice.

Ce que nous suivons pour un architecte

BNC, déclaration 2035 et honoraires de chantier

L’architecte relève des bénéfices non commerciaux (art. 92 du CGI) et tient une comptabilité de trésorerie déposée sur la déclaration 2035 au régime de la déclaration contrôlée. Sous le seuil du micro-BNC (art. 102 ter du CGI), un abattement de 34 % remplace la déduction des charges réelles, rarement avantageux dès que l’agence supporte un local, des logiciels coûteux et des assurances.

Sa rémunération est le plus souvent un pourcentage du montant des travaux, encaissé par phases (esquisse, avant-projet, projet, suivi de chantier). Sur des opérations longues, le décalage entre le travail réalisé et les honoraires effectivement encaissés demande un suivi précis : c’est la clé d’une trésorerie maîtrisée et d’un résultat juste.

TVA et assurance obligatoire

Les prestations de l’architecte sont soumises à la TVA au taux normal de 20 % (art. 278 du CGI), avec une franchise en base possible en début d’activité sous le seuil. Surtout, l’architecte engage sa responsabilité décennale (art. 1792 du Code civil) : l’assurance professionnelle correspondante, souvent souscrite auprès de la Mutuelle des architectes, est obligatoire et constitue un poste de charges majeur, parfaitement déductible, à suivre de près.

Profession libérale (BNC) : bénéfice fiscal et social

Estimez votre bénéfice et la base de vos cotisations à partir de vos recettes et de vos charges.

Recettes annuelles120 000 €
Charges professionnelles30 %
soit 36 000 €

Bénéfice fiscal

84 000 €

imposable au réel (BNC)

Cotisations sociales

Selon votre caisse

CNBF, CIPAV, CARPIMKO… et votre revenu : à chiffrer

Le bénéfice fiscal (base de l'impôt) et l'assiette sociale (base des cotisations URSSAF et de votre caisse de retraite) diffèrent : l'assiette sociale réintègre notamment certaines cotisations facultatives. Au micro-BNC (recettes sous le plafond), le bénéfice fiscal est forfaitaire (abattement de 34 %, sans déduction des charges réelles) ; au-delà du plafond, seul le réel s'applique. Le taux de cotisations varie selon votre caisse (CNBF, CIPAV, CARPIMKO…) et votre revenu. Estimation indicative.

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Retraite CIPAV et couverture

L’architecte cotise à la CIPAV pour sa retraite de base et complémentaire. Comme pour la plupart des libéraux, la couverture en cas d’arrêt de travail, d’invalidité ou de décès reste légère, et la régularisation des cotisations l’année suivant une bonne année doit être anticipée pour ne pas peser sur la trésorerie.

Se couvrir avec un contrat Madelin, et penser au PER

Deux leviers comblent les manques de la CIPAV tout en réduisant votre impôt :

  • la couverture Madelin : vos cotisations facultatives de retraite, de prévoyance et de santé sont déductibles de votre bénéfice (art. 154 bis du CGI), dans certaines limites, pour vous protéger contre l’incapacité, l’invalidité et le décès à un coût net réduit ;
  • le plan d’épargne retraite (PER) : vos versements constituent un investissement déductible de votre revenu imposable (art. 163 quatervicies du CGI), dans les limites annuelles. L’économie d’impôt est immédiate et d’autant plus forte que votre tranche marginale est élevée.

Bien dimensionnés, ces dispositifs construisent votre sécurité et votre retraite tout en réduisant votre impôt. Nous chiffrons l’effort optimal avec vous, chaque fin d’année.

Contrats Madelin : restez vigilant sur ce qu’on vous vend. Les cotisations Madelin se déduisent du bénéfice, et donc de l’impôt sur le revenu, mais elles sont réintégrées dans l’assiette des cotisations sociales : les sommes versées restent soumises aux cotisations URSSAF. L’économie porte sur l’impôt, pas sur les charges sociales. Avant de souscrire un contrat qu’on vous propose, faites-en chiffrer l’avantage net réel : l’argument purement fiscal est trompeur.

Les déductions sans décaissement : matériel, logiciels et déplacements

Au réel, chaque charge professionnelle justifiée réduit votre bénéfice. Plusieurs postes propres au métier méritent l’attention :

  • le matériel (informatique, traceurs, drones) et les logiciels de conception (licences, abonnements CAO/BIM), à déduire ou à amortir selon leur valeur et leur durée d’usage ;
  • la documentation, la formation continue et la cotisation à l’Ordre des architectes ;
  • les frais de déplacement sur les chantiers et chez les clients, déductibles aux frais réels ou via les indemnités kilométriques (IK) au barème.

Suivi des kilomètres : les IK ne couvrent que les trajets professionnels (chantiers, clients, administrations). Le trajet domicile-agence relève de la vie privée, sauf cas particuliers encadrés. Un relevé précis sécurise la déduction en cas de contrôle.

Société d’architecture et croissance de l’agence

Avec la croissance, l’architecte peut exercer en société d’architecture (forme réglementée, dont le capital doit être majoritairement détenu par des architectes). Le passage à l’impôt sur les sociétés ouvre le lissage de la rémunération et l’arbitrage salaire / dividendes (voyez Rémunération du dirigeant), mais alourdit la gestion et n’a de sens qu’au-delà d’un certain niveau de bénéfice. Le gain se chiffre.

Parlons de votre agence d’architecture

Chaque architecte a sa propre situation : l’étalement des honoraires sur vos chantiers, la TVA, le poids de l’assurance décennale, vos amortissements de matériel et de logiciels, votre régularisation CIPAV, votre couverture Madelin et votre PER, le passage éventuel en société. Ces décisions se chiffrent au cas par cas, elles ne se devinent pas.

Notre rôle consiste à examiner vos chiffres, à sécuriser votre 2035 et votre trésorerie de chantier, et à construire avec vous la stratégie qui protège votre activité et votre revenu. Le plus simple, pour commencer, reste d’en discuter de vive voix.

Architecte : dessinez aussi vos finances

Honoraires au pourcentage des travaux, en-cours de chantier, décennale, retraite CIPAV : votre agence a son plan comptable. Parlons-en : le premier rendez-vous est gratuit et sans engagement.

Prendre rendez-vous

Questions fréquentes


Un architecte est-il en BNC ?

Oui, l’architecte libéral relève des bénéfices non commerciaux (art. 92 du CGI) et dépose une déclaration 2035. En société d’architecture à l’IS, le régime diffère.


Les honoraires d'architecte sont-ils soumis à la TVA ?

Oui, au taux normal de 20 % (art. 278 du CGI), avec une franchise en base possible sous le seuil en début d’activité.


L'assurance décennale de l'architecte est-elle déductible ?

Oui. L’architecte engage sa responsabilité décennale (art. 1792 du Code civil) ; l’assurance professionnelle obligatoire correspondante est un poste de charges majeur, entièrement déductible.


À quelle caisse de retraite cotise un architecte ?

À la CIPAV. Les contrats Madelin/PER déductibles complètent une couverture obligatoire souvent légère, notamment en cas d’arrêt de travail.



Références

  • Article 102 ter du Code général des impôts (CGI)
  • Article 154 bis du Code général des impôts (CGI)
  • Article 163 quatervicies du Code général des impôts (CGI)
  • Article 1792 du Code civil
  • Article 278 du Code général des impôts (CGI)
  • Article 92 du Code général des impôts (CGI)

Références légales citées dans cet article. Les textes évoluent en loi de finances : à vérifier à la date de votre projet.