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Expert-comptable pour anesthésiste-réanimateur : clinique, gardes et astreintes

10 février 2026 7 min de lecture
Expert-comptable pour anesthésiste-réanimateur : clinique, gardes et astreintes

En résumé

Anesthésiste-réanimateur : exerçant en clinique, vos revenus proviennent des actes, des gardes, des astreintes et des vacations, avec d'éventuelles redevances à l'établissement. Le choix du secteur 1 ou 2 et l'exercice en SELARL structurent la fiscalité d'un bénéfice souvent élevé. Le guide fiscal de l'anesthésiste-réanimateur par Cabinet Gras, expert-comptable à Bordeaux.

Note de l’expert-comptable : règles conventionnelles et traitement des gardes évoluent. À cadrer avec le cabinet.

L’anesthésiste-réanimateur libéral exerce presque exclusivement en clinique, au sein d’équipes, avec une part importante de gardes et d’astreintes. Sa fiscalité se distingue par cette structure de revenus (peu de cabinet, beaucoup d’actes et de permanence) plus que par du matériel à amortir. Ce guide détaille ses enjeux, avec un outil pour estimer votre bénéfice.

Ce que nous suivons pour un anesthésiste-réanimateur

BNC, 2035 et structure des revenus

L’anesthésiste relève des bénéfices non commerciaux (art. 92 du CGI) sur la 2035. Ses recettes proviennent surtout des actes d’anesthésie réalisés en bloc, des gardes et des astreintes, et parfois de consultations pré-anesthésiques. Les soins sont exonérés de TVA (art. 261, 4-1° du CGI).

Sources de revenus de l’anesthésiste

Source Nature Point de vigilance
Actes d’anesthésie Honoraires (bloc) Rattachement à l’exercice
Gardes et astreintes Permanence Régularité, déclaration
Consultations pré-anesthésiques Honoraires Suivi distinct
Redevances éventuelles Charge Déductibilité

Chaque flux a son régime ; une comptabilité bien tenue évite les oublis de recettes comme les erreurs de rattachement.

Médecin libéral : bénéfice fiscal et social

Estimez votre bénéfice et la base de vos cotisations à partir de vos recettes et de vos charges.

Recettes annuelles150 000 €
Charges professionnelles30 %
soit 45 000 €

Bénéfice fiscal

105 000 €

imposable au réel (BNC)

Cotisations sociales

Selon votre secteur

secteur 1 ou 2, caisse et plafonds : à chiffrer

Le bénéfice fiscal (base de l'impôt) et l'assiette sociale (base des cotisations URSSAF/CARMF) diffèrent : l'assiette sociale réintègre notamment certaines cotisations facultatives. Au micro-BNC (recettes sous le plafond), le bénéfice fiscal est forfaitaire (abattement de 34 %, sans déduction des charges réelles) ; au-delà du plafond, seul le réel s'applique. Estimation indicative.

Faire chiffrer précisément ma situation →

Secteur 1 ou secteur 2, équipe

L’anesthésiste exerce en secteur 1 ou secteur 2. Le travail en équipe (parfois en société commune) suppose une répartition claire des honoraires et des charges entre praticiens, qui doit être correctement formalisée. En secteur 1, les déductions spécifiques des conventionnés s’appliquent.

SELARL, retraite et prévoyance

Compte tenu de revenus souvent élevés, la SELARL est fréquemment pertinente (lissage de la rémunération, arbitrage salaire / dividendes, voyez Rémunération du dirigeant). L’anesthésiste cotise à la CARMF ; la prévoyance est particulièrement importante, l’activité reposant sur une présence physique intense (gardes), et l’optimisation retraite via Madelin / PER déductibles complète le dispositif.

Société d’exercice en commun et répartition

Les anesthésistes exercent fréquemment au sein d’une structure commune (société de moyens ou d’exercice) qui mutualise gardes, astreintes et facturation. La clé de répartition des honoraires et des charges entre praticiens doit être formalisée avec soin : elle conditionne le résultat individuel de chacun et peut être source de litiges si elle est imprécise. La régularité des gardes implique aussi une prévoyance solide et une gestion de trésorerie anticipant les variations d’activité. Nous sécurisons la répartition au sein de votre équipe et le pilotage de votre revenu net.

Vos cotisations sociales : maladie, retraite et ASV

C’est un poste lourd et souvent mal anticipé. Vos cotisations se répartissent entre deux organismes :

  • l’URSSAF : cotisation maladie-maternité, allocations familiales, CSG / CRDS et contribution à la formation, assises sur votre revenu professionnel ;
  • la CARMF : votre retraite en plusieurs étages, le régime de base, le régime complémentaire vieillesse (RCV) et le régime des prestations complémentaires de vieillesse (PCV / ASV, art. L645-1 et suivants du Code de la sécurité sociale), auxquels s’ajoute la prévoyance invalidité-décès obligatoire.

L’atout du secteur 1 : dans le cadre de la convention, l’Assurance Maladie prend en charge une part importante de vos cotisations (une large fraction de l’ASV et une participation aux cotisations maladie et famille). C’est un avantage social déterminant, à chiffrer dans tout arbitrage secteur 1 / secteur 2 ou passage en société.

Le piège de trésorerie : vos cotisations sont d’abord appelées sur une base provisionnelle, puis régularisées l’année suivante sur votre revenu réel. Une bonne année se paie donc l’année d’après. Nous provisionnons ce décalage avec vous pour qu’aucun appel de régularisation ne vous surprenne.

Se couvrir avec un contrat Madelin, et penser au PER

Votre couverture obligatoire (CARMF) est souvent insuffisante en cas d’arrêt de travail. Deux réflexes s’imposent :

  • il est important de vous couvrir avec un contrat Madelin de prévoyance (incapacité, invalidité, décès) : c’est une protection essentielle, et ses cotisations sont déductibles de votre bénéfice (art. 154 bis du CGI) ;
  • il peut être intéressant de prendre un plan d’épargne retraite (PER) : ses versements sont déductibles de votre revenu imposable (art. 163 quatervicies du CGI). C’est souvent un bon moyen de réduire votre impôt sur le revenu tout en préparant votre retraite, d’autant plus que votre tranche marginale est élevée.

Nous dimensionnons ensemble l’effort optimal, sans immobiliser inutilement votre trésorerie.

Contrats Madelin : restez vigilant sur ce qu’on vous vend. Les cotisations Madelin se déduisent du bénéfice, et donc de l’impôt sur le revenu, mais elles sont réintégrées dans l’assiette des cotisations sociales : les sommes versées restent soumises aux cotisations URSSAF. L’économie porte sur l’impôt, pas sur les charges sociales. Avant de souscrire un contrat qu’on vous propose, faites-en chiffrer l’avantage net réel : l’argument purement fiscal est trompeur.

Les déductions sans décaissement : amortissements, IK, blanchisserie

Tout ne se résume pas aux factures payées. Certaines charges réduisent votre bénéfice imposable sans sortie de trésorerie correspondante, ou presque :

  • les amortissements de votre matériel professionnel : une charge déductible chaque année, alors que le matériel est déjà payé ou financé ;
  • les indemnités kilométriques (IK) : vos déplacements professionnels se déduisent au barème kilométrique, sans justifier chaque plein, dès lors que vous tenez un relevé de vos trajets ;
  • les frais de blanchisserie : l’entretien de vos blouses et du linge du cabinet est déductible, sur une évaluation raisonnable et documentée.

En secteur 1, la déduction forfaitaire de 2 % est réputée couvrir certains frais (dont le blanchissage) : on ne cumule pas ce forfait avec ces mêmes frais au réel. C’est exactement le type d’arbitrage que nous calons avec vous.

Parlons de votre activité d’anesthésie

Chaque anesthésiste a sa propre équation : la clé de répartition au sein de votre équipe, le rattachement de vos gardes et astreintes, votre prévoyance qui est essentielle, et le passage en SELARL avec votre PER. Ces décisions se chiffrent au cas par cas, elles ne se devinent pas.

Notre rôle consiste à examiner vos chiffres, à sécuriser votre prévoyance et votre revenu net, et à construire avec vous la stratégie qui protège votre revenu et votre avenir. Le plus simple, pour commencer, reste d’en discuter de vive voix.

Anesthésiste : gardes, astreintes et fiscalité

Actes en clinique, gardes et vacations, redevances, choix du secteur et SELARL : votre organisation fiscale se structure. Écrivez-nous : le premier échange est gratuit et sans engagement.

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Questions fréquentes


Comment sont imposées les gardes et astreintes d'un anesthésiste ?

Ce sont des recettes professionnelles imposables, à rattacher à l’exercice et à déclarer sur la 2035 avec les actes d’anesthésie.


Les actes d'un anesthésiste sont-ils soumis à la TVA ?

Non, les soins à finalité thérapeutique sont exonérés de TVA (art. 261, 4-1° du CGI).


Faut-il une SELARL quand on est anesthésiste ?

Compte tenu de revenus souvent élevés, la SELARL est fréquemment pertinente (lissage, arbitrage salaire/dividendes, trésorerie). Le gain se chiffre au cas par cas.



Références

  • Article 154 bis du Code général des impôts (CGI)
  • Article 163 quatervicies du Code général des impôts (CGI)
  • Article 261, 4-1° du Code général des impôts (CGI)
  • Article 92 du Code général des impôts (CGI)
  • Article L645-1 et suivants du Code de la sécurité sociale

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