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Les amortissements comptables : méthodes, durées et calcul

07 juin 2026 6 min de lecture
Les amortissements comptables : méthodes, durées et calcul

En résumé

Amortir une immobilisation, c'est répartir son coût sur sa durée d'usage pour le déduire progressivement du résultat. Deux modes existent : le linéaire, constant sur toute la durée (le plus courant), et le dégressif, accéléré en début de vie pour certains biens neufs. L'amortissement démarre à la mise en service, avec un calcul au prorata temporis la première année, sur une base égale au prix de revient, hors terrain non amortissable. Durées d'usage, choix du mode, calcul du prorata et cas des composants expliqués par Cabinet Gras, expert-comptable à Bordeaux.

Note de l’expert-comptable : durées d’usage, règles d’amortissement et plafonds (véhicules) évoluent. À confirmer avec le cabinet.

L'amortissement étalé sur la durée d'usage

Introduction

Lorsqu’une entreprise achète un bien durable, matériel, véhicule, mobilier ou logiciel, elle ne passe pas la dépense en charge en une seule fois : elle l’amortit sur sa durée d’utilisation. L’amortissement traduit comptablement l’usure ou l’obsolescence du bien, et emporte un effet fiscal direct.

Qu’est-ce qu’une immobilisation amortissable ?

Une immobilisation est un bien destiné à servir durablement l’activité (au-delà d’un exercice), inscrit à l’actif du bilan. Sont amortissables les immobilisations dont l’usage est limité dans le temps :

  • Matériel et outillage
  • Véhicules
  • Mobilier et agencements
  • Matériel informatique, logiciels

Terrains et fonds de commerce. Les terrains ne s’amortissent pas : réputés ne pas perdre de valeur au cours du temps, leur usage n’est pas limité dans la durée. Le fonds de commerce, présumé lui aussi ne pas se déprécier durablement, suit des règles spécifiques (pas d’amortissement en principe, mais une dépréciation si sa valeur vient à baisser).

Les deux principales méthodes

Deux méthodes coexistent : le linéaire, qui étale le coût de façon égale sur la durée d’usage, et le dégressif, qui concentre la charge sur les premières années.

L’amortissement linéaire

On répartit le coût de façon égale sur la durée d’utilisation.

Exemple : un matériel de 10 000 € amorti sur 5 ans → 2 000 € de dotation par an.

La première annuité est calculée au prorata temporis (à partir de la date de mise en service).

L’amortissement dégressif

Réservé à certains biens (souvent du matériel neuf), il permet d’amortir plus fort les premières années grâce à un coefficient multiplicateur appliqué au taux linéaire. Avantage : un gain fiscal plus précoce, utile en phase d’investissement.

Amortissement linéaire ou dégressif

Comment déterminer la durée ?

La durée correspond à la durée réelle d’utilisation prévue dans l’entreprise. À titre indicatif, les durées d’usage couramment admises :

Bien Durée indicative
Matériel informatique 3 ans
Logiciels 1 à 3 ans
Mobilier de bureau 10 ans
Matériel et outillage 5 à 10 ans
Véhicules 4 à 5 ans
Agencements 10 ans

Ces durées doivent être adaptées à votre réalité d’exploitation.

Le calcul du prorata la première année

La première annuité débute à la date de mise en service, pas à la date d’achat. En linéaire, on calcule la dotation au nombre de jours (ou de mois) restants sur l’exercice.

Exemple : matériel mis en service le 1er octobre, exercice clôturé au 31 décembre → 3 mois d’amortissement la première année.

Amortissement comptable et fiscal : attention aux écarts

La dotation comptable et la déduction fiscale ne coïncident pas toujours (amortissements non déductibles sur certains véhicules de tourisme au-delà d’un plafond, par exemple). Ces écarts se gèrent via des réintégrations sur la liasse fiscale, un point technique que votre comptable sécurise.

La règle des composants

Un bien dont les éléments ont des durées d’utilisation différentes doit être décomposé en composants amortis séparément, par exemple, pour un immeuble : structure, toiture, installations techniques (approche prévue par le Plan comptable général). Cette décomposition reflète mieux l’usure réelle et modifie le rythme de la charge d’amortissement.

Le cas des immeubles est le plus détaillé, avec une grille de durées et de quote-parts par composant : voir Amortir un immeuble par composants : durées et grille de répartition.

Et si vous cédez le bien avant la fin ?

En cas de cession d’une immobilisation encore amortissable, vous constatez une plus ou moins-value égale à la différence entre le prix de vente et la valeur nette comptable (prix d’acquisition diminué des amortissements déjà pratiqués). Plus le bien a été amorti, plus la valeur nette comptable est faible, et plus la plus-value imposable est élevée. L’amortissement n’efface donc pas l’impôt : il le diffère jusqu’à la sortie du bien.

Pourquoi c’est stratégique

Bien piloter ses amortissements, c’est :

  • lisser l’impact des investissements sur le résultat,
  • optimiser le résultat fiscal,
  • présenter un bilan fidèle à vos partenaires financiers.

Parlons de vos investissements et amortissements

Chaque entreprise a sa propre situation : la méthode d’amortissement, les durées d’usage, le choix du composant ou du dégressif, et l’arbitrage achat ou crédit-bail. Ces réglages ont un impact réel sur votre résultat imposable, ils se chiffrent au cas par cas.

Notre rôle : regarder vos chiffres, sécuriser vos amortissements et leur cohérence comptable et fiscale, et bâtir avec vous le plan qui réduit votre impôt sans fausser votre image comptable. Le plus simple pour commencer, c’est d’en parler de vive voix.

Vos amortissements calculés au plus juste

Linéaire ou dégressif, durées d'usage, prorata temporis la première année : chaque immobilisation a son traitement. Confiez-nous les vôtres : le premier échange est gratuit et sans engagement.

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Questions fréquentes


À partir de quel montant faut-il amortir un achat ?

Les biens de faible valeur (jusqu’à 500 € HT, par tolérance administrative) peuvent être passés directement en charges. Au-delà, le bien est immobilisé et amorti sur sa durée d’usage (art. 39, 1, 2° du CGI).


Quelle est la différence entre amortissement linéaire et dégressif ?

Le linéaire répartit la charge de façon constante. Le dégressif (art. 39 A du CGI), réservé à certains biens neufs, concentre l’amortissement sur les premières années via un coefficient, utile pour réduire l’impôt plus tôt.


Quelle durée d'amortissement pour un ordinateur, un véhicule, du matériel ?

Selon les durées d’usage : environ 3 ans pour le matériel informatique, 4 à 5 ans pour un véhicule, 5 à 10 ans pour du mobilier ou du matériel. La cohérence comptable s’apprécie au regard de l’article L123-18 du Code de commerce.


Qu'est-ce que l'amortissement dérogatoire ?

C’est l’écart entre l’amortissement fiscal (souvent plus rapide) et l’amortissement comptable. Il se comptabilise en amortissement dérogatoire pour profiter de l’avantage fiscal sans fausser l’image comptable.



Références

  • Article 39 A du Code général des impôts (CGI)
  • Article 39, 1, 2° du Code général des impôts (CGI)
  • Article L123-18 du Code de commerce

Références légales citées dans cet article. Les textes évoluent en loi de finances : à vérifier à la date de votre projet.