
En résumé
Chirurgien libéral : exerçant en clinique, vous déduisez les redevances versées à l'établissement, poste souvent important. En secteur 2, la gestion des dépassements et d'un bénéfice élevé est centrale, tout comme l'exercice en SELARL et l'organisation des gardes et astreintes. Rémunération et épargne retraite se pilotent en conséquence. Le guide fiscal complet du chirurgien par Cabinet Gras, expert-comptable à Bordeaux.
Dans cet article
Le chirurgien libéral exerce l’essentiel de son activité en clinique, le plus souvent en secteur 2 avec des dépassements d’honoraires, et verse à l’établissement une redevance pour l’usage du plateau technique. Sa fiscalité tourne autour de ces redevances, du choix du secteur et de la structuration en société. Ce guide détaille ces enjeux, avec un outil pour estimer votre bénéfice.
BNC, 2035 et exercice en clinique
Le chirurgien relève des BNC (art. 92 du CGI) sur la 2035, en comptabilité de trésorerie. Particularité : il ne possède pas son outil de travail principal, le bloc opératoire, qu’il utilise au sein d’une clinique contre rémunération. Sa comptabilité doit refléter fidèlement cette organisation.
Les redevances de clinique
Le chirurgien utilise le bloc contre une redevance versée à la clinique (mise à disposition du plateau technique, du personnel, des consommables). Cette redevance, souvent un pourcentage des honoraires, est en principe déductible de son bénéfice. Son montant et son traitement comptable sont déterminants : c’est l’une de ses principales charges, et une source d’erreurs si elle est mal suivie. Une redevance mal qualifiée peut être contestée.
Médecin libéral : bénéfice fiscal et social
Estimez votre bénéfice et la base de vos cotisations à partir de vos recettes et de vos charges.
Bénéfice fiscal
105 000 €
imposable au réel (BNC)
Cotisations sociales
Selon votre secteur
secteur 1 ou 2, caisse et plafonds : à chiffrer
Le bénéfice fiscal (base de l'impôt) et l'assiette sociale (base des cotisations URSSAF/CARMF) diffèrent : l'assiette sociale réintègre notamment certaines cotisations facultatives. Au micro-BNC (recettes sous le plafond), le bénéfice fiscal est forfaitaire (abattement de 34 %, sans déduction des charges réelles) ; au-delà du plafond, seul le réel s'applique. Estimation indicative.
Faire chiffrer précisément ma situation →Secteur 2 et dépassements
La chirurgie s’exerce fréquemment en secteur 2, avec des honoraires libres.
Secteur 1 ou secteur 2 pour un chirurgien
| Critère | Secteur 1 | Secteur 2 |
|---|---|---|
| Honoraires | Tarifs conventionnels | Libres (dépassements) |
| Avantages sociaux | Cotisations en partie prises en charge | À la charge du praticien |
| Déductions spécifiques | Oui (2 %, groupe III) | Non |
| Fréquence en chirurgie | Moins répandu | Très répandu |
Le secteur 2 augmente les recettes mais sans les avantages sociaux du secteur 1. L’équilibre entre recettes, redevances et charges sociales doit être analysé globalement pour optimiser le revenu net.
Gardes, astreintes et revenus complémentaires
Le chirurgien perçoit souvent des gardes et astreintes, et parfois des revenus d’expertise (judiciaire, assurances). Ces flux ont chacun leur régime et doivent être correctement rattachés à l’exercice et déclarés sur la 2035.
Exercice en société et retraite
Compte tenu de revenus souvent élevés, le chirurgien a fréquemment intérêt à exercer en SELARL (impôt sur les sociétés) : lissage de la rémunération, arbitrage salaire / dividendes (voyez Rémunération du dirigeant), conservation d’une trésorerie taxée plus légèrement, et préparation de la transmission. Côté retraite, la CARMF et les contrats Madelin / PER déductibles méritent une optimisation soignée, adaptée à un haut revenu.
Vos cotisations sociales : maladie, retraite et ASV
C’est un poste lourd et souvent mal anticipé. Vos cotisations se répartissent entre deux organismes :
- l’URSSAF : cotisation maladie-maternité, allocations familiales, CSG / CRDS et contribution à la formation, assises sur votre revenu professionnel ;
- la CARMF : votre retraite en plusieurs étages, le régime de base, le régime complémentaire vieillesse (RCV) et le régime des prestations complémentaires de vieillesse (PCV / ASV, art. L645-1 et suivants du Code de la sécurité sociale), auxquels s’ajoute la prévoyance invalidité-décès obligatoire.
L’atout du secteur 1 : dans le cadre de la convention, l’Assurance Maladie prend en charge une part importante de vos cotisations (une large fraction de l’ASV et une participation aux cotisations maladie et famille). C’est un avantage social déterminant, à chiffrer dans tout arbitrage secteur 1 / secteur 2 ou passage en société.
Se couvrir avec un contrat Madelin, et penser au PER
Votre couverture obligatoire (CARMF) est souvent insuffisante en cas d’arrêt de travail. Deux réflexes s’imposent :
- il est important de vous couvrir avec un contrat Madelin de prévoyance (incapacité, invalidité, décès) : c’est une protection essentielle, et ses cotisations sont déductibles de votre bénéfice (art. 154 bis du CGI) ;
- il peut être intéressant de prendre un plan d’épargne retraite (PER) : ses versements sont déductibles de votre revenu imposable (art. 163 quatervicies du CGI). C’est souvent un bon moyen de réduire votre impôt sur le revenu tout en préparant votre retraite, d’autant plus que votre tranche marginale est élevée.
Nous dimensionnons ensemble l’effort optimal, sans immobiliser inutilement votre trésorerie.
Les déductions sans décaissement : amortissements, IK, blanchisserie
Tout ne se résume pas aux factures payées. Certaines charges réduisent votre bénéfice imposable sans sortie de trésorerie correspondante, ou presque :
- les amortissements de votre matériel professionnel : une charge déductible chaque année, alors que le matériel est déjà payé ou financé ;
- les indemnités kilométriques (IK) : vos déplacements professionnels se déduisent au barème kilométrique, sans justifier chaque plein, dès lors que vous tenez un relevé de vos trajets ;
- les frais de blanchisserie : l’entretien de vos blouses et du linge du cabinet est déductible, sur une évaluation raisonnable et documentée.
Parlons de votre activité de chirurgie
Chaque chirurgien a sa propre équation : la redevance de clinique, l’arbitrage secteur 2 net, le passage en SELARL et la holding, et votre prévoyance Madelin et votre PER. Ces décisions se chiffrent au cas par cas, elles ne se devinent pas.
Notre rôle consiste à examiner vos chiffres, à sécuriser vos redevances et votre structuration, et à construire avec vous la stratégie qui protège votre revenu et votre avenir. Le plus simple, pour commencer, reste d’en discuter de vive voix.
Chirurgien : vos redevances de clinique déduites
Redevances versées à l'établissement, dépassements du secteur 2, SELARL, gardes : pilotons ensemble votre rémunération. Prenons date : le premier rendez-vous est gratuit et sans engagement.
Prendre rendez-vousQuestions fréquentes
La redevance versée à la clinique est-elle déductible ?
Oui, la redevance pour la mise à disposition du plateau technique est en principe déductible du bénéfice du chirurgien, sous réserve d’un traitement comptable correct. C’est l’une de ses principales charges.
Pourquoi les chirurgiens sont-ils souvent en secteur 2 ?
Le secteur 2 autorise des honoraires libres (dépassements), ce qui augmente les recettes, mais sans les avantages sociaux du secteur 1. L’équilibre se raisonne globalement avec les redevances et les charges sociales.
Faut-il exercer en société quand on est chirurgien ?
Compte tenu de revenus souvent élevés, la SELARL à l’IS est fréquemment pertinente (lissage, arbitrage salaire/dividendes, trésorerie, transmission). Le gain se chiffre au cas par cas.
Comment sont imposées les gardes et astreintes d'un chirurgien ?
Ce sont des recettes professionnelles imposables, à rattacher à l’exercice et à déclarer sur la 2035 avec les honoraires.
Références
- Article 154 bis du Code général des impôts (CGI)
- Article 163 quatervicies du Code général des impôts (CGI)
- Article 92 du Code général des impôts (CGI)
- Article L645-1 et suivants du Code de la sécurité sociale
Références légales citées dans cet article. Les textes évoluent en loi de finances : à vérifier à la date de votre projet.


