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TVA sur la marge : principe, cas d’application et calcul

04 juillet 2026 8 min de lecture
TVA sur la marge : principe, cas d’application et calcul

En résumé

La TVA sur la marge taxe la seule marge du revendeur, et non le prix de vente total, lorsque le bien a été acquis sans TVA déductible : biens d'occasion, œuvres d'art et de collection, marchands de biens, agences de voyages. La marge peut se calculer au coup par coup (opération par opération) ou par globalisation (sur une période), et la facture ne fait pas apparaître la TVA. Un livre de police et un suivi des achats-reventes sont obligatoires. Qui est concerné, comment calculer la marge et facturer, avec un outil de calcul : le guide de Cabinet Gras, Bordeaux.

Note de l’expert-comptable : taux, seuils et conditions d’application du régime de la marge évoluent, et l’immobilier obéit à des règles particulières. Les exemples ci-dessous sont indicatifs et se valident au cas par cas avec le cabinet.

En principe, la TVA se calcule sur le prix de vente d’un bien. Mais dans plusieurs situations, elle ne porte que sur la marge, c’est-à-dire la différence entre le prix de vente et le prix d’achat. Ce régime, souvent mal connu, évite une double imposition et change beaucoup de choses pour qui revend des biens d’occasion, de l’immobilier ou des prestations achetées. Voici comment il fonctionne, qui il concerne et comment le calculer.

Le principe : taxer la marge, pas le prix total

Le régime de la marge répond à un problème simple. Lorsqu’un professionnel achète un bien à un particulier, ou à quelqu’un qui ne lui a pas facturé de TVA, il ne récupère aucune TVA à l’achat. Le taxer ensuite sur le prix de vente entier reviendrait à faire peser la TVA une seconde fois sur une valeur déjà taxée en amont. Pour l’éviter, le Code général des impôts prévoit que la taxe se calcule alors sur la seule marge dégagée par le revendeur (art. 297 A du CGI pour les biens d’occasion, œuvres d’art et objets de collection).

La condition centrale est donc l’origine du bien : il doit avoir été acquis auprès d’une personne qui n’a pas facturé de TVA (un particulier, un non-assujetti, ou un autre revendeur appliquant lui-même la marge). Si le bien a été acheté avec une TVA déductible, c’est le régime normal qui s’applique, sur le prix total.

Qui est concerné ?

Quand la TVA se calcule sur la marge

Le régime de la marge vise principalement quatre familles d’opérations : la revente de biens d’occasion par les assujettis-revendeurs (négociants automobiles, brocante, dépôt-vente) ; le commerce d’œuvres d’art, d’objets de collection et d’antiquité ; l’activité des marchands de biens en immobilier, sous des règles propres examinées plus loin (art. 268 du CGI) ; et les agences de voyages, taxées sur la marge entre le prix payé par le client et le coût des prestations achetées auprès d’autres prestataires. Dans tous les cas, la logique est la même : ne taxer que la valeur ajoutée par le revendeur.

Comment se calcule la TVA sur la marge ?

La marge se définit comme la différence entre le prix de vente et le prix d’achat du bien. Point essentiel : cette marge est réputée toutes taxes comprises, la TVA est donc contenue à l’intérieur. Pour l’extraire, on applique le coefficient correspondant au taux : à 20 %, la TVA due vaut la marge multipliée par 20/120. Ainsi, un négociant qui rachète une voiture 8 000 € à un particulier et la revend 10 000 € dégage une marge de 2 000 €, et reverse non pas 2 000 € (20 % du prix total) mais environ 333 € (2 000 × 20/120).

Calculez votre TVA sur la marge

À partir du prix d'achat, du prix de vente et du taux, estimez la TVA à reverser sur la marge.

Prix d'achat du bien8 000 €
Prix de vente10 000 €

TVA sur la marge à reverser

— €

marge de — €

Marge nette conservée (HT)

— €

après TVA sur la marge

Estimation. La marge est réputée toutes taxes comprises : la TVA s'obtient en la multipliant par le taux / (100 + taux). Ce régime suppose que le bien a été acquis sans TVA récupérable (auprès d'un particulier ou d'un non-assujetti). Le calcul est présenté opération par opération ; en globalisation, il porte sur le total d'une période. Nous validons l'éligibilité au régime et vos mentions de facture.

Faire chiffrer précisément ma situation →

Deux modalités : au réel ou par globalisation

Le régime s’applique selon deux modalités, au choix selon la nature de l’activité.

  • Au réel, article par article. La marge est déterminée opération par opération : pour chaque bien vendu, on retranche son prix d’achat de son prix de vente. C’est la méthode de principe, la plus précise ; elle suppose de connaître le prix d’achat de chaque bien, ce que permet précisément le livre de police.
  • Par globalisation, sur le total d’une période. La marge est calculée en bloc : total des ventes moins total des achats du mois ou du trimestre. Cette modalité est réservée aux revendeurs qui traitent de nombreux biens de faible valeur, souvent achetés en lots, pour lesquels un suivi individuel serait impraticable (brocante, petits objets). Si le total des achats dépasse celui des ventes, la marge de la période est négative et l’excédent se reporte sur la suivante.

Le choix de la modalité, et son bon paramétrage, se cadrent avec le cabinet : ils dépendent de la nature de vos biens et de votre organisation.

Sur la facture : des mentions particulières

Le régime de la marge a une conséquence directe sur la facturation. Le revendeur ne fait pas apparaître la TVA séparément sur sa facture, et l’acheteur, même professionnel, ne peut déduire aucune TVA sur son acquisition. La facture doit porter une mention spécifique renvoyant au régime appliqué, par exemple « Régime particulier, biens d’occasion » (art. 297 E du CGI). Cette absence de TVA déductible pour l’acheteur est à intégrer dans la politique de prix.

Le livre de police : justifier chaque bien

Les professionnels qui achètent des biens d’occasion pour les revendre doivent tenir un livre de police (le registre des objets mobiliers). Prévu par la réglementation de lutte contre le recel, ce registre consigne, pour chaque objet, sa description, son prix d’achat, l’identité du vendeur et, à la revente, son prix de vente.

Au-delà de cet objet premier, le livre de police est indispensable au régime de la marge : c’est lui qui établit le prix d’achat de chaque bien, donc la marge, et qui atteste que le bien a été acquis sans TVA (auprès d’un particulier, par exemple). Un registre mal tenu fragilise tout le régime en cas de contrôle : faute de preuve du prix d’achat, l’administration peut taxer la vente sur son prix total. C’est particulièrement vrai pour le calcul au réel, article par article, qui repose entièrement sur ce suivi.

Le cas particulier de l’immobilier

Les marchands de biens relèvent d’un régime de marge spécifique (art. 268 du CGI). Lorsqu’ils revendent un terrain à bâtir ou un immeuble acquis auprès d’un vendeur qui n’a pas ouvert droit à déduction (un particulier, notamment), la TVA peut être assise sur la marge plutôt que sur le prix total. Les conditions sont toutefois strictes, et l’administration exige en principe une identité entre le bien acquis et le bien revendu. C’est un terrain de contentieux fréquent : une opération immobilière mal qualifiée peut transformer une marge en prix total taxable, avec un rappel de TVA lourd. Ce point se sécurise impérativement en amont (voir dans quelle structure détenir votre immobilier).

Parlons de votre activité

Chaque activité de revente a sa propre mécanique : l’origine des biens, le choix entre calcul au coup par coup et globalisation, les mentions de facturation, et pour l’immobilier des conditions particulièrement surveillées. Une erreur d’appréciation se traduit vite par un rappel de TVA.

Notre rôle consiste à examiner vos opérations, à sécuriser l’application du régime de la marge et vos factures, et à construire avec vous une gestion de la TVA qui tienne en cas de contrôle. Le plus simple, pour commencer, reste d’en discuter de vive voix.

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Questions fréquentes


Qu'est-ce que la TVA sur la marge ?

C’est un régime où la TVA se calcule sur la marge (prix de vente moins prix d’achat) et non sur le prix de vente total. Il s’applique lorsqu’un bien a été acquis sans TVA récupérable, par exemple auprès d’un particulier (art. 297 A du CGI), pour éviter une double imposition.


Qui peut appliquer la TVA sur la marge ?

Les assujettis-revendeurs de biens d’occasion (automobile, brocante, dépôt-vente), d’œuvres d’art et d’objets de collection, les marchands de biens immobiliers (art. 268 du CGI) et les agences de voyages, sous conditions tenant à l’origine du bien.


Comment calcule-t-on la TVA sur la marge ?

La marge est réputée toutes taxes comprises : la TVA s’obtient en multipliant la marge par le coefficient du taux, soit 20/120 au taux de 20 %. Une voiture rachetée 8 000 € et revendue 10 000 € dégage 2 000 € de marge, soit environ 333 € de TVA.


Peut-on déduire la TVA d'un achat sous le régime de la marge ?

Non. Le vendeur ne fait pas apparaître la TVA sur sa facture (art. 297 E du CGI), et l’acheteur, même professionnel, ne peut déduire aucune TVA sur ce bien. C’est un paramètre à intégrer dans le prix.


L'immobilier est-il concerné par la TVA sur la marge ?

Oui, pour les marchands de biens : la revente d’un terrain à bâtir ou d’un immeuble acquis sans droit à déduction peut être taxée sur la marge (art. 268 du CGI). Les conditions sont strictes et le sujet est source de contentieux : il se sécurise en amont.



Références

  • Article 268 du Code général des impôts (CGI)
  • Article 297 A du Code général des impôts (CGI)
  • Article 297 E du Code général des impôts (CGI)

Références légales citées dans cet article. Les textes évoluent en loi de finances : à vérifier à la date de votre projet.