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Dispositif Jeanbrun (Relance Logement) : le nouveau statut du bailleur privé

02 juillet 2026 7 min de lecture
Dispositif Jeanbrun (Relance Logement) : le nouveau statut du bailleur privé

En résumé

Le dispositif Jeanbrun, ou statut du bailleur privé, encourage l'investissement locatif en autorisant un amortissement fiscal du logement : de 3,5 % à 5,5 % par an de la valeur du bien, déductible des revenus locatifs, sous plafonds de loyer et de ressources du locataire. Il vise à relancer l'offre de logements en soutenant la rentabilité des bailleurs sur la durée. Logements éligibles, taux d'amortissement, plafonds, conditions et durée d'engagement détaillés par Cabinet Gras, expert-comptable à Bordeaux.

Note de l’expert-comptable, dispositif très récent : le statut du bailleur privé est issu de la loi de finances pour 2026 et ses modalités d’application sont précisées par décret. Les taux, plafonds et conditions ci-dessous sont donnés à titre indicatif et doivent être confirmés au regard des textes définitifs avant tout engagement. Rien ne se décide sans chiffrage.

Avec la fin du Pinel au 31 décembre 2024, l’investissement locatif neuf avait perdu son principal levier fiscal. La loi de finances pour 2026 en crée un nouveau : le statut du bailleur privé, communément appelé dispositif Jeanbrun ou « Relance Logement ». Sa logique diffère : non plus une réduction d’impôt, mais un amortissement déduit des revenus fonciers. Voici ce qu’il convient d’en retenir.

Dispositif Jeanbrun : trois niveaux de loyer, trois barèmes

Qu’est-ce que le dispositif Jeanbrun ?

Créé par la loi de finances pour 2026 (n° 2026-103 du 19 février 2026), le statut du bailleur privé s’applique aux acquisitions réalisées entre le 21 février 2026 et le 31 décembre 2028. L’objectif affiché par le gouvernement : relancer l’investissement locatif et l’offre de logements abordables, sur l’ensemble du territoire et sans zonage.

Un mécanisme inédit pour la location nue : l’amortissement

En location nue (non meublée), les revenus fonciers ne permettent pas, en principe, d’amortir le bien, contrairement à la location meublée. Le dispositif Jeanbrun introduit cette possibilité : chaque année, vous déduisez de vos revenus fonciers imposables un amortissement calculé sur 80 % du prix d’acquisition (les 20 % restants correspondant à la valeur du terrain, non amortissable). Cette déduction réduit votre base imposable, donc votre impôt sur le revenu et vos prélèvements sociaux.

En pratique : là où le Pinel accordait une réduction d’impôt, le Jeanbrun réduit le revenu imposable par l’amortissement. L’avantage est d’autant plus marqué que la tranche marginale d’imposition est élevée.

Trois niveaux de loyer, trois barèmes

En contrepartie d’un loyer plus ou moins encadré, le taux d’amortissement et le plafond annuel de déduction augmentent. Pour un logement neuf :

  • loyer intermédiaire : 3,5 % par an, plafond de déduction de 8 000 € par an ;
  • loyer social : 4,5 % par an, plafond de 10 000 € par an ;
  • loyer très social : 5,5 % par an, plafond de 12 000 € par an.

Plus le loyer est social, donc bas, plus l’avantage fiscal est important. Les plafonds s’entendent par foyer fiscal et par an. Les niveaux de loyer et de ressources du locataire s’inscrivent dans la logique du référentiel Loc’Avantages.

Les logements éligibles

Le dispositif vise exclusivement les logements collectifs (les maisons individuelles sont exclues) :

  • logements neufs, acquis en VEFA (vente en l’état futur d’achèvement) ou construits par le bailleur ;
  • logements anciens transformés ou rénovés, avec des travaux représentant au moins 30 % du prix d’acquisition et atteignant un DPE A ou B.

Les conditions à respecter

Dispositif Jeanbrun : les conditions à réunir

L’avantage suppose de réunir plusieurs conditions cumulatives :

  • une location nue, à usage de résidence principale du locataire ;
  • un locataire extérieur à votre famille : le logement ne peut être loué ni à un membre de votre foyer fiscal, ni à un ascendant ou un descendant. Les liens de parenté ne sont pas autorisés, comme dans la plupart des dispositifs de faveur ;
  • un engagement de location d’au moins 9 ans ; en cas d’acquisition via une société, les titres doivent être conservés sur la même durée ;
  • le respect de plafonds de loyer et de ressources selon le niveau choisi (intermédiaire, social, très social) ;
  • une application sur tout le territoire, sans condition de zone ;
  • une exclusivité : sur un même bien, le dispositif n’est pas cumulable avec d’autres régimes de faveur (Denormandie, Loc’Avantages).

Le non-respect de l’engagement de 9 ans, des plafonds ou de ces conditions de location entraîne la reprise de l’avantage : les amortissements déduits sont réintégrés, avec rappel d’impôt.

L’ancien rénové aussi

Le dispositif ne concerne pas que le neuf : un logement ancien lourdement rénové (travaux d’au moins 30 % du prix, DPE A ou B) y ouvre droit, à un barème d’amortissement légèrement inférieur à celui du neuf. L’amortissement se combine alors avec la déduction des charges et peut générer un déficit foncier imputable, dans les limites prévues à l’article 156, I-3° du Code général des impôts. C’est un levier puissant pour un bien à réhabiliter, à condition de bien cadrer les travaux.

Ce que ça change par rapport aux dispositifs précédents

Le raisonnement n’est plus le même. Un dispositif par réduction d’impôt offrait un gain forfaitaire, indépendant de votre taux d’imposition. L’amortissement, lui, suit une logique comptable : il diminue le revenu foncier imposable, si bien que le gain réel dépend de votre tranche. Deux conséquences pratiques : l’intérêt du Jeanbrun se chiffre au cas par cas, et son suivi est plus technique (imposition au régime réel, tenue d’un plan d’amortissement, déclaration des revenus fonciers).

Les points de vigilance

Avant de vous engager, plusieurs contraintes sont à sécuriser, au premier rang desquelles le passage obligatoire au régime réel :

  • Régime réel obligatoire : l’amortissement suppose de déclarer vos revenus fonciers au réel, pas au micro-foncier.
  • La revente : l’amortissement pratiqué peut influer sur le calcul de la plus-value à la sortie ; ce point doit être anticipé et vérifié selon les textes définitifs.
  • Le respect de la durée et des plafonds : 9 ans d’engagement, plafonds de loyer et de ressources à sécuriser dès le premier bail.
  • Un dispositif récent : le décret d’application précise les modalités ; les chiffres définitifs (barèmes de l’ancien, plafonds de loyer) sont à confirmer.

Pourquoi se faire accompagner

Amortir un bien loué nu, tenir le plan d’amortissement, choisir le bon niveau de loyer, sécuriser les plafonds et l’engagement : c’est un travail d’expert-comptable. Le Cabinet Gras chiffre la rentabilité nette de votre projet et sécurise sa déclaration, à Bordeaux comme dans toute la Gironde, le dispositif s’appliquant sans zonage.

Dispositif Jeanbrun : votre location est-elle éligible ?

Amortissement de 3,5 % à 5,5 % par an, plafonds de loyer et de ressources : le statut du bailleur privé se vérifie bien par bien. Étudions le vôtre : le premier échange est gratuit et sans engagement.

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Questions fréquentes


Qu'est-ce que le dispositif Jeanbrun ?

C’est le statut du bailleur privé créé par la loi de finances pour 2026 (n° 2026-103 du 19 février 2026), applicable aux acquisitions du 21 février 2026 au 31 décembre 2028. Il permet, en location nue, de déduire de ses revenus fonciers un amortissement du logement, calculé sur 80 % du prix d’acquisition.


Quel est l'avantage fiscal du dispositif Jeanbrun ?

Un amortissement annuel de 3,5 % (loyer intermédiaire), 4,5 % (social) ou 5,5 % (très social) sur 80 % du prix du bien neuf, plafonné respectivement à 8 000 €, 10 000 € et 12 000 € par an et par foyer fiscal. Il réduit le revenu imposable, l’avantage étant d’autant plus fort que la tranche d’imposition est élevée. Chiffres à confirmer par décret.


Quels logements sont éligibles ?

Uniquement des logements collectifs : neufs (VEFA ou construits par le bailleur), ou anciens rénovés avec des travaux d’au moins 30 % du prix d’acquisition et un DPE A ou B. Les maisons individuelles sont exclues.


Quelles sont les conditions de location ?

Louer nu, à usage de résidence principale, pendant au moins 9 ans, en respectant des plafonds de loyer et de ressources du locataire selon le niveau choisi (intermédiaire, social, très social).


Le dispositif Jeanbrun est-il réservé à certaines zones ?

Non. Contrairement au Pinel, il s’applique sur tout le territoire national, sans zonage, y compris en Gironde.


Peut-on louer à un membre de sa famille avec le dispositif Jeanbrun ?

Non. Le logement ne peut être loué ni à un membre de votre foyer fiscal, ni à un ascendant ou un descendant : les liens de parenté ne sont pas autorisés. Le non-respect de cette condition entraîne la reprise des amortissements déduits, avec rappel d’impôt.


Peut-on cumuler le dispositif Jeanbrun avec un autre avantage ?

Non, sur un même bien : il n’est pas cumulable avec des dispositifs comme Denormandie ou Loc’Avantages. Un arbitrage chiffré est indispensable pour choisir le régime le plus avantageux.



Références

  • Article 156, I-3° du Code général des impôts (CGI)

Références légales citées dans cet article. Les textes évoluent en loi de finances : à vérifier à la date de votre projet.