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Expert-comptable pour maçon : autoliquidation, travaux en cours et trésorerie

24 janvier 2026 7 min de lecture
Expert-comptable pour maçon : autoliquidation, travaux en cours et trésorerie

En résumé

Maçon : imposé dans les BIC au réel, vous facturez en autoliquidation lorsque vous intervenez en sous-traitance (c'est le client professionnel qui déclare la TVA), au taux de 10 % en rénovation de logement et 5,5 % en rénovation énergétique. Les points sensibles : la retenue de garantie de 5 %, la valorisation des travaux en cours à la clôture, l'assurance décennale obligatoire et la caisse de congés CIBTP. Le guide fiscal du maçon par Cabinet Gras, expert-comptable à Bordeaux.

Note de l’expert-comptable : taux de TVA, règles d’autoliquidation et seuils évoluent en loi de finances. À confirmer chaque année avec le cabinet.

Le maçon est au cœur du gros œuvre : fondations, dalles, murs porteurs, structures. Une activité commerciale et artisanale dont la fiscalité a ses propres marqueurs : des recettes en bénéfices industriels et commerciaux (BIC), une TVA à taux multiples, l’autoliquidation quand vous travaillez en sous-traitance, des chantiers longs à valoriser en fin d’année et une trésorerie tendue par l’achat de matériaux. Ce guide détaille tout ce qu’il faut maîtriser, avec un outil pour la TVA de vos travaux.

Ce que nous suivons pour un maçon

BIC et régime réel : la base de votre comptabilité

Contrairement aux professions libérales, le maçon relève des bénéfices industriels et commerciaux (BIC) : son activité est commerciale. Au-dessus du seuil du micro-BIC, il tient une comptabilité d’engagement (créances et dettes, pas seulement les encaissements) au régime réel, avec un bilan, un compte de résultat et le suivi des stocks de matériaux. C’est plus exigeant qu’une comptabilité de trésorerie, mais c’est aussi ce qui vous donne une vraie vision de vos marges, chantier par chantier.

TVA : autoliquidation, 10 % et 5,5 %

La TVA du bâtiment est un sujet à part entière, et les erreurs coûtent cher.

  • l’autoliquidation en sous-traitance : lorsque vous intervenez en sous-traitant pour une entreprise principale du bâtiment, vous ne facturez pas la TVA ; c’est le donneur d’ordre qui l’autoliquide (art. 283 du CGI). Votre facture porte la mention « autoliquidation », et une erreur de sens (facturer la TVA à tort, ou l’oublier alors qu’elle est due) se régularise difficilement ;
  • la TVA à 10 % : les travaux d’amélioration, de transformation et d’entretien des logements achevés depuis plus de deux ans relèvent du taux réduit de 10 % (art. 279-0 bis du CGI) ;
  • la TVA à 5,5 % : les travaux de rénovation énergétique bénéficient du taux super-réduit (art. 278-0 bis A du CGI) ;
  • la TVA à 20 % : la construction neuve et les locaux professionnels restent au taux normal.

Le bon taux dépend du chantier, et il s’appuie sur une attestation du client à conserver. Estimez la TVA de vos travaux ci-dessous, puis sécurisons vos factures ensemble.

Quel taux de TVA pour vos travaux ?

Indication du taux applicable selon le logement et le type de travaux.

Indication simplifiée. Les taux réduits (10 % et 5,5 %) supposent un logement de plus de 2 ans, des travaux éligibles et une attestation conforme du client. En sous-traitance, la TVA est généralement autoliquidée (facturation hors taxe). Nous validons votre cas avant facturation.

Retenue de garantie et travaux en cours

Deux mécanismes pèsent sur votre trésorerie et votre résultat :

  • la retenue de garantie : votre client peut retenir 5 % du montant des travaux pendant un an pour couvrir d’éventuelles malfaçons (loi du 16 juillet 1971). Cette somme, vous l’avez facturée mais pas encaissée : elle doit être suivie pour ne pas être oubliée à la levée ;
  • les travaux en cours : au 31 décembre, un chantier commencé mais non terminé doit être valorisé (matières et main-d’œuvre engagées). Cette évaluation est délicate et impacte directement votre résultat imposable. Mal faite, elle fausse votre bénéfice dans un sens comme dans l’autre.

Point de vigilance : une retenue de garantie oubliée, c’est de la trésorerie qui dort. Nous tenons un suivi des retenues à récupérer et des situations de travaux, chantier par chantier.

Garantie décennale et assurances

Le maçon engage sa responsabilité décennale (art. 1792 du Code civil) sur les ouvrages qu’il réalise : l’assurance décennale est obligatoire et constitue un poste de charges majeur, parfaitement déductible. S’y ajoutent la responsabilité civile professionnelle et, selon les chantiers, des garanties spécifiques. Ces primes sont lourdes, mais non négociables : on les intègre dans le calcul de vos prix.

Congés payés CIBTP et gestion sociale

Particularité du bâtiment : les congés payés de vos salariés sont gérés par une caisse de congés payés du BTP (CIBTP), à laquelle vous cotisez, et non versés directement par l’entreprise. À cela s’ajoutent les cotisations intempéries et une couverture spécifique au secteur. La paie d’une entreprise de maçonnerie a ses règles propres : nous la tenons avec ses spécificités BTP.

Vos déductions : outillage, matériel et véhicules

Au réel, vos charges réduisent votre résultat. Plusieurs postes sont structurants dans le gros œuvre :

  • l’outillage et le matériel (bétonnières, échafaudages, banches, petit outillage) : à déduire ou à amortir selon leur valeur et leur durée d’usage ;
  • les véhicules utilitaires (camions, bennes) : contrairement aux véhicules de tourisme, ils ne subissent pas le plafond d’amortissement et sont déductibles dans les conditions normales ;
  • le carburant, l’entretien, les vêtements et équipements de protection (EPI), et la quote-part professionnelle de certains frais.

Statut et structuration : EI, EURL, SARL ou SAS

Beaucoup de maçons démarrent en entreprise individuelle, puis s’interrogent sur la société (EURL, SARL, SAS) avec la croissance, l’embauche et les besoins de financement. Le passage en société change votre régime social (TNS ou assimilé salarié), ouvre l’arbitrage salaire / dividendes (voyez Rémunération du dirigeant) et protège votre patrimoine. Le bon choix dépend de votre niveau d’activité et de vos projets, et il se chiffre.

Parlons de votre entreprise de maçonnerie

Chaque maçon a sa propre situation : l’autoliquidation et les taux de TVA, vos retenues de garantie, la valorisation de vos chantiers en cours, votre décennale, la paie BTP et le choix de structure. Ces décisions se chiffrent au cas par cas, elles ne se devinent pas.

Notre rôle consiste à examiner vos chiffres, à sécuriser votre TVA et votre trésorerie de chantier, et à construire avec vous la stratégie qui protège votre activité et votre revenu. Le plus simple, pour commencer, reste d’en discuter de vive voix.

Maçon : votre trésorerie tient-elle le chantier ?

Autoliquidation, retenue de garantie de 5 %, travaux en cours à la clôture : nous connaissons vos contraintes de maçon. Parlons de votre activité : le premier échange est gratuit et sans engagement.

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Questions fréquentes


Un maçon est-il en BIC ou en BNC ?

En BIC (bénéfices industriels et commerciaux) : l’activité du maçon est commerciale et artisanale. Au-dessus du seuil du micro-BIC, il tient une comptabilité d’engagement au régime réel, avec bilan et suivi des stocks.


Comment fonctionne l'autoliquidation de TVA en sous-traitance BTP ?

Quand vous intervenez en sous-traitant pour une entreprise principale du bâtiment, vous ne facturez pas la TVA : le donneur d’ordre l’autoliquide (art. 283 du CGI). Votre facture porte la mention « autoliquidation ». L’erreur de sens se régularise difficilement.


Quel taux de TVA pour des travaux de maçonnerie ?

10 % pour l’amélioration et l’entretien de logements de plus de deux ans (art. 279-0 bis du CGI), 5,5 % pour la rénovation énergétique (art. 278-0 bis A du CGI), 20 % pour le neuf et les locaux professionnels. Le bon taux s’appuie sur une attestation du client.


Qu'est-ce que la retenue de garantie ?

Votre client peut retenir 5 % du montant des travaux pendant un an pour couvrir d’éventuelles malfaçons (loi du 16 juillet 1971). C’est une somme facturée mais encaissée plus tard : elle doit être suivie pour ne pas être oubliée.



Références

  • Article 1792 du Code civil
  • Article 278-0 bis A du Code général des impôts (CGI)
  • Article 279-0 bis du Code général des impôts (CGI)
  • Article 283 du Code général des impôts (CGI)

Références légales citées dans cet article. Les textes évoluent en loi de finances : à vérifier à la date de votre projet.