← Tous les articles Droit & conseil

Expert-comptable pour consultant : TJM, micro ou réel, TVA et structure

19 juin 2026 6 min de lecture
Expert-comptable pour consultant : TJM, micro ou réel, TVA et structure

En résumé

Consultant indépendant : tout part du TJM, qu'il faut convertir en revenu net après charges, cotisations et périodes creuses. L'arbitrage micro-BNC ou réel, la TVA (dont le cas des clients étrangers, souvent hors champ), la déduction des frais de mission, le choix du statut (BNC en direct, EURL, SASU) et la préparation de la retraite (PER) sont les décisions structurantes. Le guide fiscal du consultant indépendant par Cabinet Gras, expert-comptable à Bordeaux.

Note de l’expert-comptable : seuils de micro-BNC, règles de TVA intracommunautaire et cotisations évoluent en loi de finances. À confirmer chaque année avec le cabinet.

Le consultant indépendant, en stratégie, en informatique, en management ou en ingénierie, vend son expertise au temps passé. Sa fiscalité tourne autour de trois questions : quel statut choisir, quel régime retenir, micro ou réel, et comment passer d’un tarif journalier à un revenu net réellement disponible. Ce guide y répond, avec un outil pour projeter l’activité.

Ce que nous suivons pour un consultant

Du TJM au revenu : ce qui reste vraiment

Beaucoup de consultants raisonnent en taux journalier moyen (TJM) sans visualiser le revenu net qui en résulte, une fois retirés les jours non facturés (intercontrats, congés, prospection, formation, administratif), les cotisations sociales et l’impôt. L’écart entre le TJM affiché et le net disponible est souvent sous-estimé.

Du TJM au chiffre d'affaires

Projetez votre chiffre d'affaires annuel à partir de votre tarif journalier.

Taux journalier moyen (TJM)500 €
Jours facturés par an180 j

Chiffre d'affaires annuel

90 000 €

hors taxes

À déduire ensuite

Cotisations + impôt

variables selon votre régime (micro, réel, société)

Projection indicative. Le taux réel de cotisations dépend de votre caisse, de votre régime (BNC, micro, société) et de votre revenu ; l'impôt sur le revenu s'ajoute ensuite. Parlons-en pour un chiffrage précis.

Ce calcul donne un ordre de grandeur pour fixer vos tarifs et provisionner ; le taux réel de cotisations dépend ensuite de votre statut et de votre caisse. Nous affinons avec vos chiffres.

BNC, micro-BNC ou réel

En exercice individuel, le consultant relève des bénéfices non commerciaux (art. 92 du CGI). Deux régimes s’offrent à lui :

  • le micro-BNC (art. 102 ter du CGI) : sous le seuil, un abattement forfaitaire de 34 % représente vos charges. Simple, mais avantageux seulement si vos charges réelles sont faibles ;
  • la déclaration contrôlée (réel) : vous déduisez vos charges réelles (matériel, déplacements, sous-traitance, formation) et déposez une 2035. Dès que vos frais sont significatifs, le réel l’emporte.

L’arbitrage se chiffre, il ne se devine pas. Comparez avec notre outil micro / réel, puis affinez avec nous.

TVA et clients étrangers

Les prestations de conseil sont soumises à la TVA au taux normal de 20 % (art. 278 du CGI), avec une franchise en base possible sous le seuil en début d’activité. Un point sensible : les prestations rendues à des clients professionnels établis à l’étranger obéissent à des règles particulières (autoliquidation par le client dans l’Union, mention spécifique sur la facture, déclaration européenne de services). Une facturation internationale mal cadrée se régularise ensuite difficilement : mieux vaut l’anticiper.

Statut : BNC, EURL ou SASU

Le choix de structure détermine votre fiscalité, vos cotisations et votre protection sociale :

  • entreprise individuelle (BNC) : simplicité, retraite à la CIPAV ; cotisations de travailleur indépendant ;
  • EURL : à l’IR ou sur option à l’IS, gérant travailleur non salarié ;
  • SASU : président assimilé salarié (protection sociale plus complète mais cotisations plus élevées), dividendes hors cotisations sociales.

Le bon statut dépend de votre niveau de revenu, de votre besoin de protection et de votre projet. C’est l’un des premiers arbitrages à poser, et il se reconsidère quand l’activité grandit (voyez SAS ou SARL et Rémunération du dirigeant).

Frais de mission et déductions

Au réel, vos charges réduisent votre bénéfice : matériel informatique, logiciels et abonnements, frais de déplacement et de mission (transport, hôtel, repas), sous-traitance, formation, documentation, et la quote-part professionnelle de certains frais mixtes (télécommunications, bureau à domicile).

Frais de déplacement : les trajets et frais de mission chez vos clients sont déductibles, à condition d’être professionnels et justifiés. Un suivi précis (kilomètres, justificatifs) sécurise la déduction en cas de contrôle.

Retraite, prévoyance et PER

La couverture obligatoire d’un indépendant est légère, surtout en cas d’arrêt de travail. Deux leviers la complètent en réduisant votre impôt :

  • la couverture Madelin (pour les statuts relevant des travailleurs non salariés) : cotisations facultatives de retraite, prévoyance et santé déductibles du bénéfice (art. 154 bis du CGI) ;
  • le plan d’épargne retraite (PER) : versements déductibles de votre revenu imposable (art. 163 quatervicies du CGI), une économie d’impôt immédiate, d’autant plus forte que votre tranche marginale est élevée. Le PER intéresse le consultant en BNC comme le dirigeant de SASU.

Bien dimensionnés, ces dispositifs construisent votre sécurité et votre retraite tout en réduisant votre impôt. Nous chiffrons l’effort optimal avec vous.

Contrats Madelin : restez vigilant sur ce qu’on vous vend. Les cotisations Madelin se déduisent du bénéfice, et donc de l’impôt sur le revenu, mais elles sont réintégrées dans l’assiette des cotisations sociales : les sommes versées restent soumises aux cotisations URSSAF. L’économie porte sur l’impôt, pas sur les charges sociales. Avant de souscrire un contrat qu’on vous propose, faites-en chiffrer l’avantage net réel : l’argument purement fiscal est trompeur.

Parlons de votre activité de conseil

Chaque consultant a sa propre situation : votre TJM et vos jours facturés, le choix micro ou réel, la TVA et vos clients étrangers, le statut (BNC, EURL, SASU), vos frais de mission, votre couverture et votre PER. Ces décisions se chiffrent au cas par cas, elles ne se devinent pas.

Notre rôle consiste à examiner vos chiffres, à sécuriser votre régime et votre facturation, et à construire avec vous la stratégie qui protège votre activité et votre revenu. Le plus simple, pour commencer, reste d’en discuter de vive voix.

Consultant : votre TJM vous rémunère-t-il vraiment ?

Micro-BNC ou réel, TVA des clients étrangers, EURL ou SASU : convertissons votre TJM en revenu net optimisé. Testez votre situation : le premier échange est gratuit et sans engagement.

Prendre rendez-vous

Questions fréquentes


Quel statut choisir pour devenir consultant indépendant ?

Entreprise individuelle (BNC) pour la simplicité, EURL ou SASU pour une société. Le choix dépend de votre niveau de revenu, de votre besoin de protection sociale (la SASU offre le régime assimilé salarié) et de votre projet. L’arbitrage se chiffre.


Micro-BNC ou réel pour un consultant ?

Le micro-BNC applique un abattement forfaitaire de 34 % (art. 102 ter du CGI) : avantageux si vos charges sont faibles. Dès que vos frais (déplacements, matériel, sous-traitance) sont significatifs, le réel et sa déclaration 2035 deviennent plus intéressants.


Un consultant doit-il facturer la TVA à un client étranger ?

Les prestations de conseil sont soumises à la TVA à 20 % (art. 278 du CGI), mais les prestations à des clients professionnels établis dans l’Union européenne relèvent en principe de l’autoliquidation par le client, avec une mention spécifique sur la facture et une déclaration européenne de services. Les règles méritent d’être cadrées.


À quelle caisse de retraite cotise un consultant ?

En entreprise individuelle ou EURL, le consultant relève en principe de la CIPAV ou du régime des indépendants ; en SASU, le président est assimilé salarié. Les contrats Madelin/PER déductibles complètent la couverture.



Références

  • Article 102 ter du Code général des impôts (CGI)
  • Article 154 bis du Code général des impôts (CGI)
  • Article 163 quatervicies du Code général des impôts (CGI)
  • Article 278 du Code général des impôts (CGI)
  • Article 92 du Code général des impôts (CGI)

Références légales citées dans cet article. Les textes évoluent en loi de finances : à vérifier à la date de votre projet.